Alger - Revue de Presse

Frisant l’immixtion dans nos affaires intérieures au sujet de la révision de la constitution



L’ambassadeur US s’invite, maladroitement, au débat L’ambassadeur des Etats-Unis à Alger, Robert S. Ford, vient de jeter un pavé dans la mare… Il récidive, cette fois-ci, en transmettant un petit questionnaire à destination de la société civile, des partis politiques et des organisations syndicales, leur demandant les raisons qui sont derrière le mouvement de protestation des syndicats autonomes, sur la situation sécuritaire du pays et s’ils s’opposent à la candidature de Bouteflika pour un troisième mandat. L’ambassadeur américain, en pleine consultation avec certains chefs de parti d’opposition, à l’instar de Nahda, du RCD, du MSP et de quelques organisations de masse, s’emballe ainsi dans le débat politique dominé par la question de la révision de la constitution. Intervenant, hier, au forum d’El-Moudjahid sur le sujet brûlant de la révision constitutionnelle, le juriste Azzi Merouane, président de la cellule sur la réconciliation nationale, estime que le mini questionnaire du diplomate américain est une ingérence dans les affaires internes de l’Algérie. «Il dépasse le cadre du débat», dira-t-il en faisant remarquer que «l’ambassadeur américain est libre d’ouvrir un débat sur des questions de l’heure sans pour autant aller au-delà des lignes rouges que lui impose le devoir de réserve sur la terre d’accueil». Pour l’avocat Azzi, «le diplomate US à Alger n’a pas, non seulement, respecté le traité de Vienne de 1961, qui édicte les droits et devoirs des diplomates, mais a piétiné encore l’article 41 du traité qui confère au ministère des Affaires étrangères de s’exprimer». Pis encore, l’intervenant considère cette sortie impromptue de l’ambassadeur américain comme «un acte illégal et non politique». «Alors que, souligne-t-il, nous attendions du représentant américain à ce qu’il renforce sa coopération avec notre pays, il lui nuit». A ce propos, le juriste Merouane Azzi a fait savoir que les ambassadeurs américain et britannique l’ont contacté pour prendre part au forum prévu pour le dimanche, le déclinant par la suite pour des raisons de «calendrier». En tous les cas, Robert S. Ford, qui a connu la parenthèse d’un séjour au Maroc et l’expérience de l’Irak de l’après Saddam, «n’est pas à sa première bévue» et a même failli provoquer un incident diplomatique avec l’Algérie juste après les attentats du 11 avril qui ont ciblé le Palais du gouvernement en faisant circuler des informations alarmistes selon lesquelles «des centres névralgiques du pays (la Grande Poste d’Alger, le siège de l’ENTV et d’autres institutions) seraient visés par d’autres attentats similaires». Aujourd’hui, on ne comprend pas cette sortie «bruyante» et «déroutante» qui en dit long sur les desseins du diplomate américain, actif ces jours-ci sur le terrain politique et allant jusqu’à sonder l’opinion publique algérienne, alors qu’en juin 2007, dans un entretien à un quotidien national, l’ambassadeur US a clairement signifié qu’il n’avait pas de position définie sur le dossier de la révision de la constitution. Il s’agissait, d’après lui, d’une «question» interne à l’Algérie et de son peuple et les deux sont souverains. Néanmoins, il sous-entendra que «ce que les Américains espèrent, c’est seulement qu’il se dégage un consensus pendant ce processus et pendant le débat sur la révision de la constitution algérienne et que la question soit résolue sans aucun appel à la violence ou à un rejet violent. C’est-à-dire que la révision de la constitution soit menée par des moyens totalement politiques». Abed Tilioua
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