Alger - Revue de Presse

Commentaire



L’intérêt national avant tout Sortanr d’une période qui a failli emporter l’Etat républicain et échappant, de justesse, à un chaos qui aurait pu le transformer en espace ouvert à toutes les ingérences, manipulations et autres «expériences», l’Algérie a réussi à se sortir d’une situation presque impossible à redresser. Fragilisé par une situation économique proche de la banqueroute et pris dans une crise politique aggravée par l’effondrement d’un bloc dont il était proche, le pays a dû, en plus, faire face à une adversité émanant de pays amis que des intérêts réciproques étaient censés rapprocher. Culpabilisée et mise à l’écart, l’Algérie a réussi à trouver la sortie en jumelant au combat contre une coalition soutenue de l’extérieur pour éviter un retour à la case départ. C’est ainsi que fut révisée la loi fondamentale de 89 qui a donné naissance à la Constitution du 28 novembre 1996.Douze années plus tard, les partis politiques les plus représentatifs, la société civile et des organisations de masse réclament la révision de cette Constitution. Mieux, les sincères témoignages de sympathie et les nombreux et vibrants appels des Algériens invitant Bouteflika à se déclarer partant pour un nouveau mandat ne laissent place à aucun doute quant à son issue si d’avis la question était soumise à référendum. Qu’y a-t-il de si mystérieux à voir un président continuer à gouverner si tel est le désir profond des Algériens? N’est-ce pas respecter la Constitution que d’appliquer ses dispositions -les articles 6 et 7 notamment, qui déclarent le peuple source de tout pouvoir et que le président de la République peut directement recourir à l’expression de la volonté du peuple? Si, au jour d’aujourd’hui, le président décidait de soumettre la question de la révision à la volonté du peuple, existerait-il un doute quant au résultat du scrutin? Aucun. Accusera-t-on pour autant ce même peuple d’être taré? Dans l’affirmative, au nom de qui et sur quoi s’appuieraient ceux -très minoritaires du reste- pour déclarer qu’il y a viol de la Constitution et de quel droit un pays tiers prétend-il remplacer la volonté populaire en s’ingérant dans un choix collectif souverain? Parce qu’il sert des intérêts personnels et non ceux du peuple? Les «défenseurs» de l’actuelle constitution crient au loup, oubliant qu’ils violent eux-mêmes les statuts de leurs formations et ferment les yeux sur le fait que les deux dernières constitutions ont été rédigées sous la pression de conjonctures particulières, celle de 96 particulièrement. Ce qui signifie que certaines dispositions ne répondent plus aux besoins fondamentaux juridiques pour que le pays puisse fonctionner d’une manière démocratique réelle. L’Algérie n’est pas le seul pays à changer des lois. L’Amérique a décrété des dispositions contraires aux droits de l’Homme, la France a eu recours à des artifices pour tacler le successeur, et l’Allemagne tout comme le Japon ont changé leurs constitutions pour permettre à leurs armées de se déployer à l’étranger. Le dénominateur commun à ces «retouches» est l’intérêt national. A quel titre la révision de la Constitution serait-il un recul de la démocratie en Algérie? Parce qu’il sert d’abord les intérêts nationaux et non ceux d’une poignée de politicards qui aiment peupler les anti-chambres des chancelleries occidentales? Miloud Horr
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)