L’Algérie se projette-t-elle déjà sur l’après- Chirac ?
Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui arrive aujourd’hui en Algérie à l’invitation du FLN, serait reçu en audience par le président de la République, indiquent des sources bien informées.
En effet, le FLN a dû chambouler à la dernière minute le programme de la visite, initialement, envoyés aux journaux pour permettre au président Bouteflika de recevoir le patron du PS. Ainsi, tout de suite après son arrivée à l’aéroport d’Alger, M. Hollande se dirigera vers le palais d’El Mouradia où il devra s’entretenir en tête-à-tête avec le chef de l’Etat. Le patron du PS devrait également être reçu au palais du gouvernement par son hôte Abdelaziz Belkhadem, officiellement, avant le début des travaux «partisans». D’ailleurs aucune activité entre les délégations du FLN et du PS n’est prévue avant cet après-midi à 15h00. Dans un entretien accordé à l’APS, le patron du PS a tenu des propos qui tranchent radicalement avec ceux de la diplomatie française s’agissant du traité d’amitié et de la loi du 23 février. «Aujourd’hui, le retour sur notre histoire, dans le respect de nos deux peuples, est nécessaire si l’on veut préparer l’avenir. C’est en étant au clair qu’on pourra associer la France et l’Algérie dans un véritable traité d’amitié». Ainsi, pour M. Hollande, la signature de ce traité n’est pas pour demain tant les opinions publiques ne sont pas préparées. «Sa préparation doit mobiliser nos deux sociétés, car sa portée dépassera largement la relation d’Etat à Etat. «Prenons le temps du débat et de l’échange», déclare le patron du parti socialiste qui semble se projeter dans la perspective de l’accession de son parti à l’Elysée en 2007.
Et M. Hollande ne s’en cache pas puisqu’il affirme que «nous sommes à la veille d’échéances décisives en France et les relations entre nos deux pays doivent en sortir renforcées». En clair, sa visite en Algérie est également motivée par le souci de capter autant que faire se peut l’électorat français d’origine algérienne qui dépasse les 800.000 voix.
Interrogé sur son évaluation des relations entre l’Algérie et la France, le Premier secrétaire du PS concède que «ce sont des relations singulières qui ne seront jamais banales et qui sont toujours marquées, pour le meilleur et parfois pour le pire, par une passion exceptionnelle».
Cela ne l’empêche pas de penser que «si nous le voulons, on peut donner aux relations franco-algériennes le même rôle moteur en Méditerranée que les relations franco-allemandes pour l’Europe». Sur la loi du 23 février 2005, M. Hollande a souligné que cette loi et son fameux article 4 ont à nouveau ouvert des plaies de chaque côté de la Méditerranée. Hollande dit déplorer, ce texte et estime «que nous devons regarder notre histoire commune avec courage et lucidité, de part et d’autre, et ne pas hésiter à affronter ce devoir de vérité, au regard d’une domination coloniale qu’a supportée l’Algérie». Dans ce registre, Hollande n’hésite pas appuyer les propos de l’ambassadeur de France en Algérie qui a su, d’après lui, «dire, avec force et simplicité, à l’université de Sétif, 50 ans après la sanglante répression des émeutes du 8 mai 1945 que c’était des massacres inexcusables».
S’il reconnaît que son parti est, certes, l’héritier lointain de la SFIO, il note néanmoins le rôle des «militants et dirigeants, anonymes ou reconnus, qui ont refusé la guerre coloniale et ont défendu le choix de l’indépendance algérienne».
Voilà des éclairages qui mettent le PS à l’abri des turbulences que connaissent les relations franco-algériennes à la veille d’une présidentielle française où tous les coups promettent d’être permis.
Cela étant dit, les audiences qui seront accordées au Premier secrétaire du Parti socialiste respectivement par chef du gouvernement et le président de la République, selon des sources informées, donnent des indications claires du pouvoir algérien : au vu des scandales qui secouent la droite chiraquienne, l’Algérie veut éviter d’être prise à défaut et ce en prenant langue avec, peut-être, la majorité française de demain.
A signaler enfin, que les travaux entre les délégations du FLN et du PS commenceront à 15h00 au siège du FLN et s’étaleront jusqu’à 19 h00. Les discussions seront couronnées par une conférence de presse conjointe animée par Belkhadem et Hollande. Aussitôt, les deux délégations se dirigeront vers l’hôtel Hilton pour un dîner offert par le SG du FLN en l’honneur du patron du PS français.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com