«Dans les quelques jours à venir, les responsables de l'ensemble des
mouhafadhas et des kasmas du parti organiseront des assemblées générales pour
sensibiliser les citoyens.»
C'est la décision qui a été prise hier par le FLN pour tenter de ramener
le calme dans le pays dont une grande partie de ses régions a vécu ces jours-ci
des émeutes sanglantes. Le secrétaire général du FLN en a fait un leitmotiv à
l'issue de la réunion qui l'a regroupé hier au siège du parti avec les membres
du comité central. Abdelaziz Belkhadem s'est lancé dans un long plaidoyer en
faveur de ce que «l'Etat a consenti comme efforts pour mettre en Å“uvre une
véritable politique sociale et prendre en charge les préoccupations des
citoyens».
Il a tenu à préciser que la
réunion du comité central était déjà programmée depuis longtemps. «Nous devions
nous réunir pour nous entretenir avec les mouhafadhs sur la finalisation des
opérations de réorganisation des structures de base du parti», a-t-il déclaré.
Mais «en raison du déclenchement d'événements tragiques dans le pays, j'ai
réuni jeudi dernier les mouhafadhs d'Alger pour les appeler à sensibiliser les
citoyens contre les rumeurs qui visent à amplifier certaines informations,
contre la manipulation et la désinformation. Nous leur avons demandé de le
faire en coordination avec les pouvoirs publics, la société civile et tous ceux
qui aiment le FLN», a-t-il dit. En évidence, il dénoncera «la manière et les
moyens avec lesquels les jeunes se sont exprimés». Il a affirmé être désolé «
devant les pertes de vies humaines et condamne la destruction des biens publics
et privés».
Belkhadem ne changera pas
cependant de discours devant la gravité de tels faits. Il pointera du doigt
«les rumeurs venant de l'étranger, les propos de ceux qui à l'extérieur
qualifient l'Algérie de pays riche avec un peuple pauvre». Il rectifiera
cependant, ceux des journalistes qui ont pensé qu'il fait ici allusion à un
complot ou une campagne contre l'Algérie. «Je n'ai jamais dit qu'il y avait complot
!», a-t-il lancé. Reprenant le ministre de l'Intérieur, le SG du FLN fait le
bilan des violentes émeutes qui ont secoué le pays en faisant état du décès de
deux jeunes et 400 blessés dont 300 policiers. Et pour répondre aux
«détracteurs de l'Algérie», il se référera à ses habituels rappels de la bonne
santé des indicateurs macroéconomiques. «Obligation est faite aux militants
pour expliquer aux citoyens que ces montants faramineux sont utilisés dans le
financement de la construction des infrastructures de base», a-t-il dit. Il
usera de grandes envolées lyriques pour rappeler «la politique sociale mise en
Å“uvre à travers la gratuité de l'éducation, de la santé, du droit du citoyen de
bénéficier d'un pécule pour la construction de son logement (…).» Il fera même
savoir entre autres que «l'OPGI ne perçoit que 30% des loyers des locataires
des logements sociaux». Un fait criard de l'absence de contrôle de l'Etat.
«Les revendications sont légitimes»
Ceci étant dit, il reconnaît quand même que «les revendications des
émeutiers sont légitimes». Il précisera alors que «personne ne nie que le
chômage existe, il est de 10% et ceux à l'étranger qui avancent plus ne donnent
aucune référence sur laquelle ils ont obtenu leurs chiffres». Il explique que
«le chiffre des pouvoirs publics est construit sur des critères déterminés par
le BIT». Il pense d'ailleurs que «l'Etat par l'intermédiaire de ses
institutions peut expliquer comment il a eu ce taux qu'il faut bien sûr
réduire».
Des griefs contre la politique
des pouvoirs publics ? Belkhadem en a quand même un, celui d'avouer que «nous
ne sommes pas satisfaits de tout ce qui se fait». Un grief qu'il prendra le
soin de suite de démonter en rappelant «les années 80 et 90 et l'état de non
sécurité, de non investissements, de non ressources dans lequel se trouvait le
pays alors qu'aujourd' hui, de nombreux chantiers sont ouverts (…).» Il
survolera le chapitre des répercussions de la crise financière mondiale sur
l'Algérie en admettant que la diminution de la demande d'énergie a engendré
celle des recettes. «Avec ça, les projets et le plan quinquennal n'ont pas été
remis en cause», se targue-t-il de souligner.
Les cafouillages de Belkhadem
e SG du FLN soutiendra même que «si des problèmes sociaux nécessitent de
descendre dans la rue, il faut le faire mais avec des procédés civilisés». Il
regrettera sûrement d'avoir pris sur lui cette revendication puisqu'il perdra
presque la voix lorsqu'un journaliste lui rappellera que la contestation par
l'organisation de marches pacifiques est violemment réprimée par le pouvoir qui
ne s'est jamais gêné de mettre sa machine répressive en branle. Les exemples en
sont légion. Su un ton bégayant, Belkhadem tentera de trouver un échappatoire
et rétorque «les services de sécurité sont faits pour préserver l'ordre public
!» Ou alors «ça ne justifie pas le crime !» Il le livrera à une analyse
simpliste. «Combien de jeunes sont descendus dans la rue comparés au 1,2
million d'étudiants dans les université ? Si ces jeunes sont chômeurs, comment
peuvent-ils se plaindre de la cherté des prix puisqu'ils n'achètent pas ? Vous
allez me dire qu'ils vivent dans des familles (…).» Bref, il reprendra son
souffle et condamnera les actes de vandalisme. «Les militants se doivent de
sensibiliser ces jeunes.» Il dénoncera le recours aux actes de destruction
«même quand on gagne ou on perd un match ». Il fera remarquer que «les
émeutiers n'avaient même pas de slogans ni sociaux ni politiques».
Belkhadem voilera son incapacité
à expliquer ce qui se passe par son rappel de sa décision «de voir dans les
quelques prochains jours à venir, les mouhafadhas et les kasmas tenir des
assemblées générales (AG) en présence des membres du comité central, des élus
locaux pour apaiser les esprits, expliquer ce qui se passe aux citoyens et
faire face aux rumeurs internes et externes». Et aux journalistes qui lui ont
dit que Rebrab dit qu'il n'a augmenté ni le prix de l'huile ni celui du sucre,
Belkhadem interroge «pourquoi alors ces jeunes sont descendus dans la rue ?»
En fait, les AG dont fait état
Belkhadem sont programmées par le parti pour finaliser la réorganisation de ses
structures de base, l'élection des bureaux des mouhafadhas et autres exigences
inhérentes au fonctionnement du parti.
Il fera part de la préparation au
cours du premier trimestre de l'année en cours de la célébration du 19 mars en
collaboration avec les deux autres partis de l'Alliance présidentielle. Le FLN
prépare aussi selon lui, cette fois-ci en association avec l'UGTA, une
conférence sur le gaz en prévision du 24 février. Il prévoit aussi de prendre
les avis de sa base militante en faveur de l'avant-projet de code de wilaya
qu'il voit être finalisé au cours du 2e trimestre 2011. Les élus FLN seront
aussi évalués au cours de cette même année. «Nous préparons une fiche
d'évaluation de nos élus sur le plan local et national mais pas avant d'avoir
terminé la réorganisation de ses structures de base», a-t-il précisé.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com