Alger - Revue de Presse

Fillon arrachera-t-il son «oui» à Bouteflika ?



Le Premier ministre français, M. François Fillon, arriveaujourd'hui à Alger pour une visite officielle de deux jours dans notre pays. Pendantson séjour, il aura une série d'entretiens avec son homologue, M. Abdelaziz Belkhadem, avec lequel il coprésidera par ailleurs lescérémonies de signature de plusieurs accords cadres, dont celui de lacoopération dans l'énergie nucléaire entre les deux pays.

Pour aussi importante que soit cette visite en Algérie deFrançois Fillon pour la consolidation des relations bilatérales algéro-françaises, ce n'est pas pour cette raison qu'elleest particulièrement attendue et commentée dans le milieu politico-diplomatique.Le Premier ministre français est en effet crédité d'être porteur au président Bouteflika des «éclaircissements» que l'Algérie a demandésconcernant le projet d'Union pour la Méditerranée, avant de décider du niveau de saprésence au sommet de Paris du 13 juillet qui doit en donner le coup d'envoi.

La question est de savoir si ce que dira sur le sujetFrançois Fillon à Bouteflika va persuader celui-cid'effectuer le voyage à Paris. Que lui dira-t-il de plus que Michèle Alliot-Marie ou Bernard Kouchner qui ont fait eux aussi ledéplacement à Alger pour arracher à Bouteflika lapromesse de sa participation au sommet ?

Si l'on excepte la Libye, dont le guide suprême a carrément refusé de répondre àl'invitation du président français, l'Algérie est le seul Etat arabe convié ausommet à avoir franchement fait savoir qu'il ne pourrait s'asseoir à la mêmetable qu'Israël dans le contexte du rapport toujours conflictuel de cet Etatavec les Palestiniens et ses autres voisins arabes, Syriens et Libanais. Bouteflika est de ce fait considéré par son homologuefrançais comme celui pouvant créer la fausse note de son sommet de Paris.

L'ultime message dont il a pu charger son Premier ministreserait de remontrer au président algérien qu'il n'a pas à être plus radical surla question de la présence d'Israël au sommet que ne l'est BacharEl-Assad ou Mahmoud Abbas. Le Syrien ayant accepté defaire le voyage à Paris et le second n'ayant soulevé aucune objection à cette présence.

Un argument que les Français étayeront par l'évolution quiest intervenue dans la situation au Proche-Orient, où un semblant de dynamiquedialoguiste a été enclenché. Ce qui revient en somme à prêcher le «pragmatisme»à Bouteflika et à l'Algérie, consistant à ne pasrester sur une ligne ne tenant pas compte de cette évolution que toute la«communauté internationale» encourage et favorise.

L'argument serait recevable si la frénésie dialoguiste dontont été pris Olmert et son gouvernement avéritablement pour objet la paix au Proche-Orient. Comment ne pas en douter, sachantque le Premier ministre israélien ne s'est résolu à négocier avec les Palestinienset les Syriens qu'au moment où sa situation dans son pays est devenueinsoutenable, ce qui lui enlève l'autorité d'engager Israël dans des accordsirrévocables avec eux.

Il y a en tout cas la certitude que le semblant de dialogueauquel se prête actuellement Israël avec ses voisins arabes arrange lespromoteurs du projet de l'Union pour la Méditerranée, qui s'en prévaudront pour justifiersa participation.

Pourquoi alors ne verrait-on pas dans le soudain revirementd'attitude de Tel-Aviv une ruse de guerre échafaudée en concertation avec sesalliés européens pour faire tomber les préventions arabes, le temps que lesommet de Paris ait lieu et que le projet soit lancé ?N'est-ce pas pour régler les derniers aspects de ce stratagème que Sarkozy serend lui aujourd'hui en Israël ?


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