Dans trois semaines, c'est la rentrée scolaire qui sera là. Et comme tout événement chez nous, elle suscitera des dépenses, beaucoup de dépenses ! Dans quatre semaines, c'est le Ramadhan qui sera là, et comme tout Ramadhan, celui-là aussi marquera sérieusement le portefeuille des ménages, surtout ceux dont les revenus, légaux et mérités, ne suffisent même pas à franchir l'écueil de la rentrée scolaire. Dans huit semaines, c'est l'Aïd qui sera là et comme tout Aïd, celui-là saignera, encore une fois, les parents qui, ne comptant que sur la contrepartie de leur sueur, auront trouvé toutes les difficultés du monde à terminer la course impitoyable du Ramadhan. Les affres de la rentrée et ses douloureuses acrobaties font oublier aux Algériens cette joie incommensurable de conduire leurs chérubins à leur première entrée à l'école. Elles leur font oublier ces espoirs, sans cesse grandissants à chaque rentrée scolaire, de voir leurs enfants grandir et devenir des médecins, des ingénieurs, des juges... Elles leur font oublier jusqu'à cette satisfaction, aussi simple qu'indescriptible, d'accompagner leurs enfants aux papeteries les soirs de la rentrée. Les paniques réelles et justifiées des pères de familles devant un Ramadhan, dont la société a fait un mois de frais inutiles et de gaspillages ostentatoires, ont fait prendre conscience à l'Algérien de l'impossibilité qui le frappe quant à faire un mois de carême « honnête ». Elles ont éteint en lui ce plaisir avec lequel il attendait ce mois sacré. L'épouvante, claire et tangible à l'approche de l'Aïd, n'a plus d'égale que l'impuissance de l'Algérien moyen à vêtir les siens aux occasions. Elle efface jusqu'à ces airs de fêtes qui ont toujours accompagné les Aïd chez nous. Dans une Algérie de 2007, riche comme elle ne l'a jamais été et peut-être même comme elle ne le sera jamais, il est, pour le moins, désolant et triste de voir l'état dans lequel est mis le citoyen moyen. Collé à mille et un besoins des plus rudimentaires, incapable de répondre aux attentes les plus légitimes et les plus simples de ses enfants, ce citoyen qui fêtait, par le rêve et l'espoir, la rentrée scolaire de ses enfants, tremble à la seule arrivée de septembre. Lui, qui n'omettait pourtant jamais de se préparer à « accueillir » avec joie le mois de Ramadhan, est déstabilisé à la seule approche du mois de Chaâbane. L'Algérien, de nos jours, souhaite avec force que lui et les siens dorment et ne se réveillent qu'une fois l'Aïd passé, même si, au bout, il y a encore l'Aïd El-Kébir. Si, en plus, les prix venaient à augmenter comme le laissent croire certains signes et comme le laissent comprendre certains comportements, il y a fort à craindre pour ce citoyen qu'on accule sans raison valable. Et il y a aussi fort à craindre de sa part !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Aïssa Hirèche
Source : www.lequotidien-oran.com