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Exposition à Dar Abdeltif



Exposition à Dar Abdeltif
Les ateliers de Dar Abdeltif aménagés en galerie démontable, une idée que l'on doit sans doute à Meriem Aït El Hara, nouvelle chef de département des arts visuels et du patrimoine à l'AARC (Agence algérienne pour le rayonnement culturel) et qui n'est plus à présenter pour son parcours artistique, toujours remuant et imprégné de sa personnalité attachante.Pour sa première activité, elle a choisi de mettre en avant de jeunes créateurs dont certains exposent pour la première fois. Une programmation qui apporte une fraîcheur certaine en ces lieux marqués par l'histoire, celui de la résidence qui remonte à la période ottomane et celui des ateliers créés en 1907 pour accueillir en résidence des artistes dont les ?uvres ont alimenté en partie les collections du Musée national des beaux-arts, à quelques mètres de là. Là, le cap est mis sur l'art contemporain décliné à travers les tentatives ou les réussites de sept jeunes créateurs algériens, dont quatre filles. Le résultat est parfois surprenant.Yasser Ameur, qui a étudié le design et l'enseigne à l'Ecole régionale des beaux-arts de Mostaganem, présente des toiles aux univers étranges, développant un style affirmé qui le situe d'emblée comme un espoir de la nouvelle peinture algérienne. Son ?uvre, «L'Aliéné» (technique mixte sur toile, 2014), donne toute la mesure d'un talent tourné vers la composition d'une atmosphère plus que sur la représentation.La benjamine du groupe, Yasmine Bourouila, 24 ans, en quatrième année de peinture aux Beaux-Arts d'Alger s'exprime sur le registre de l'intime, avec des portraits saisissants où le désir de bien faire semble cependant limiter sa liberté créative. Fatila Chafaa est sortie des Beaux-Arts d'Alger en 2006.Déjà lauréate du prix de la fondation Asselah (aujourd'hui dissoute) en 2003 et du grand prix Ali Maachi du jeune créateur en 2008, elle montre des photos prises dans un camp de réfugiés sahraouis. «Il était une fois ma poupée à Boujdour» relate par l'image la mise en situation de cette poupée fabriquée à l'ancienne comme un témoin des lieux et des personnages présents. Souad Douibi est connue déjà pour ses expériences audiovisuelles et ses initiatives culturelles comme «El Haïk en ville» et «Un samedi en couleurs».Ses créations ont le même ton que ses idées d'animation, originales, légèrement provoquantes. On s'amusera à découvrir ses poissons qui «tapent la brosse», comme on dit dans le langage courant, pour désigner l'esprit courtisan. C'est sur la toile, à la peinture acrylique, que Adlane Samet développe ses créations marquées, selon lui, par l'instant et l'instinct, à la manière des photographes. Il manque encore d'assurance dans sa démarche, mais il a le mérite de l'assumer, réussissant ainsi à compenser par la spontanéité ses tâtonnements.On sent cependant un talent en potentiel qui ne peut que s'affirmer. Belkis Sara Sergoua, 24 ans, achève ses études à l'Ecole des beaux-arts d'Alger. Ses toiles fantastiques dénotent déjà un sens élevé du mouvement et de ses capacités d'étonnement. Avec des parents artistes, il lui reste à se faire un prénom, ce qu'elle semble bien décidé à accomplir.Karim Nazim Tidafi, enfin, s'est attaché à transfigurer son univers d'enfant sur les chemins de l'assemblage et de la mise en scène d'objets. Un pari risqué mais qui produit son effet.Tous ensemble, ils parviennent à nous émouvoir et nous donner un aperçu de la veine artistique des nouvelles générations. A voir en pensant à votre plaisir et à l'importance de les encourager.Chemin Omar Kechkar, Bois des Arcades. Jusqu'au 19 mars.


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