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Exportations: l'incapacité algérienne



L'exportation de la datte une initiative à encouragerPrès de 4 ans après le contre-choc pétrolier, les efforts des pouvoirs publics et des opérateurs n'ont produit quasiment rien de bien apparent sur la facture des exportations.
Les communautés d'affaires algérienne et française se concertent à un rythme qui devrait susciter de l'espoir dans les sphères décisionnelles algériennes. La rencontre parisienne, avant-hier, entre la Confédération générale des entrepreneurs algériens (Cgea) et le Medef français, ainsi que la mission que ce dernier entend faire à Alger à l'invitation du FCE, traduisentt la volonté des uns et des autres à densifier les relations d'affaires pour aboutir à un partenariat durable et fécond entre l'Algérie et la France. Ce petit coup d'accélérateur dans les relations entre notre pays et la nation la plus proche au plan économique n'est, en réalité, qu'un pan d'une stratégie plus large que les pouvoirs publics, entendent déployer afin d'assurer un maximum de visibilité à l'économie nationale, dans la perspective affichée de sortir de la situation d'économie mono-exportatrice. Il se trouve, cependant, que près de 4 ans après le contre-choc pétrolier, les efforts des pouvoirs publics, ainsi que ceux des opérateurs n'ont produit quasiment rien de bien apparent sur la facture des exportations. La quote-part des hydrocarbures demeure hyper-dominante et l'ensemble des «champions» économiques nationaux ne réussissent pas encore à dépasser la barre du milliard de dollars. Certainement conscient de ce handicap structurel de l'économie nationale, le gouvernement a mis un point d'honneur à se positionner derrière le producteur algérien et lui dérouler le «tapis rouge».
On n'a, en effet, rarement assisté à un volontarisme gouvernemental aussi affirmé que cette année. L'interdiction «sans appel» à l'importation de plus de 850 produits est, certainement le coup le plus fort que l'Etat ait asséné aux importateurs de tout bord. C'est une réponse claire à ceux qui agitaient l'épouvantail de la mafia des importations.
L'acte est souverain et l'intention est affichée avec une grande détermination. Le gouvernement de Ahmed Ouyahia annonce donc la couleur et met le pays sur une trajectoire censée réduire les importations, booster la production nationale, avec au final l'exportation des surplus.
C'est toute cette trajectoire qui est critiquée par beaucoup d'observateurs, dont quelques politiques s'en font le relais à l'image du président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès. L'un des rares leaders partisans à affirmer publiquement son penchant libéral, n'hésite pas à noter que l'interdiction de l'importation doit rester une mesure d'exception. Ce n'est donc pas, à ses yeux, la solution et encore moins une issue vers la dynamisation des exportations. Le président du MPA, dont le point de vue est partagé par quelques économistes sur la place d'Alger, met en avant le risque de l'isolement de l'Algérie dans la sphère commerciale mondiale et régionale, à travers l'application par les partenaires de la simple logique de réciprocité. «Ces mesures pourraient induire des problèmes avec l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), l'UE et la Zone de libre échange au Moyen-Orient», met en garde Benyounès. «La solution consiste en l'ouverture des portes à travers la diversification de l'économie, la sortie de la rente pétrolière, l'adoption de la politique de l'économie libre et éviter l'isolement du monde extérieur», insiste l'homme politique, dont les craintes sont d'autant plus justifiées, estiment certains observateurs, que la démarche par trop mécanique des pouvoirs publics n'est pas de nature à dynamiser le commerce extérieur dans le sens des exportations. Aucune mesure universellement admise pour donner de l'essor aux exportations n'est venue accompagner le tour de vis du gouvernement. Pas de zones franches, pas de mesures financières et fiscales fortes... bref, il n'y a ni boeuf ni charrette dans la stratégie des pouvoirs publics, accusent les détracteurs du gouvernement.
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