
Avec la crise économique actuelle, le secteur des TP connaîtra très probablement des coupes budgétaires qui aggraveront son essor avec des reports de nombreux projets, à commencer par ceux qui ne sont pas lancés, dont l'extension des lignes de métro.Ce secteur, connu pour son caractère budgétivore, a consommé environ 70 milliards de dollars durant les trois précédents plans de développement. L'autoroute Est-Ouest, longue de 1200 km, a nécessité une enveloppe financière d'environ de 18 milliards de dollar. La rocade des hauts plateaux dont les études sont achevées et dont les travaux de réalisation devraient débuter incessamment, de même que la ceinture sud, toute cette dynamique d'intégration économique et sociale, nationale et régionale, avec les retombées en termes de consolidation de l'unité nationale et de la résorption des disparités régionales, constitue sans conteste l'un des acquis les plus notables de l'Algérie moderne post-indépendance. Mais elle risque fortement d'être remise en cause par la chute drastique de nos capacités financières actuelles. Qui ignore que les grandes villes algériennes croulent sous le poids de la "concentration des populations" et celui de l'anarchie du développement urbanistique ' Les réseaux routiers, de par l'exiguïté des assiettes foncières et des limites imposées par les espaces bâtis, sont demeurés pratiquement les mêmes et généralement hérités de la période coloniale, alors que le nombre des habitants dans ces villes a, au minimum, doublé et dans certains cas quadruplé. Par ailleurs, l'explosion du parc véhicules due au recours massif aux crédits automobiles dans les années passées, conjuguée à l'insuffisance et l'inadaptation des plans de circulation urbaine ont rendu la fluidité de la circulation quasi impossible, aggravée par l'insuffisance des aires de stationnement ainsi que l'anarchie des transporteurs privés, souvent à l'origine d'accidents mortels. Des tentatives de solutions au "casse-tête" des citadins ont été mises en place progressivement avec l'entrée en fonctionnement du métro d'Alger, du tramway de la capitale, d'Oran, de Constantine et de projets similaires dans d'autres grandes villes du pays, dont Ouargla. La stratégie du développement du transport des voyageurs, telle qu'elle se dessine, semble privilégier les transports en commun, il en était grand temps. S'il faut se réjouir de ces grandes réalisations, en y intégrant notamment la construction de nombreux barrages, il faut cependant nuancer ce bilan, car de nombreuses carences subsistent. Il s'agit en premier lieu des surcoûts, parce que le mode de gestion de ces mégaprojets est entaché d'opacité, d'irrégularités et même de corruption, à l'instar du scandale de l'autoroute Est-Ouest. De nombreuses malfaçons de tronçons importants commencent à apparaître au grand jour (Lakhdaria-Bouira, etc.). Malheureusement, cet élan qui contribuait au développement national, à la création d'emplois ainsi qu'à l'amélioration des conditions de vie des citoyens sera ralenti dès 2016, au regard de l'allocation budgétaire prévue par la loi de finances de l'année prochaine, et des autorisations de programme qui seront accordées pour la réalisation des projets d'investissement du secteur des travaux publics. Pour l'heure, nous nageons en pleine confusion. Chaque ministre affirme que les projets de son secteur ne seront pas touchés. Bien entendu, après un optimisme "béat" des pouvoirs publics face à l'ampleur de la crise qui nous frappe de plein fouet, les autorités se reprennent mais sans axes stratégiques clairs. De quoi sera fait demain ' Nul ne le sait, y compris les gouvernants eux-mêmes.A. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Hamma
Source : www.liberte-algerie.com