Un commerce toujours prospère
Constat n Les dernières mesures d'éradication du commerce parallèle n'ont pas touché ces femmes qui vendent de l'or en différents endroits d'Alger.
A Oued Kniss, à la rue Larbi-Ben-M'hidi et ailleurs, les dellalate sont toujours présentes et proposent leurs services à une clientèle acquise depuis de longues années. «Nous ne dérangeons personne et nous ne perturbons pas l'ordre public. Nous gagnons notre vie tranquillement et il n'y a aucune raison de nous pousser à abandonner ce métier que nous exerçons depuis longtemps.
D'ailleurs, les policiers ne nous approchent jamais !», affirme un groupe de ces femmes âgées qui ont élu domicile au jardin de Oued Kniss. Chaque jour que Dieu fait, elles pointent tôt le matin pour occuper cet espace connu pour la revente de l'or cassé ou en bon état. Heureuses d'avoir échappé au coup de balai effectué en septembre dernier par les forces de l'ordre contre des milliers d'étals de fortune dans divers quartiers de la capitale, ces femmes sont déterminées à poursuivre leur business jusqu'au bout.
Qu'il pleuve ou qu'il vente, elles s'attellent à préserver une activité qui a toujours marqué la vie des familles algéroises. D'ailleurs, du fameux marché de bric-à-brac de Oued Kniss, au Ruisseau, il ne reste pratiquement que ces femmes voilées et portant des trésors sur leur corsage, aux doigts et au cou. «Il est vrai que cet espace a connu une plus grande sérénité ces dernières semaines après l'éradication du marché des objets d'occasion et c'est tant mieux pour nous. Nous sommes assises à l'entrée de ce jardin public et lorsqu'une cliente s'approche, nous entrons dans le jardin pour conclure la transaction.
C'est pour cette raison que les policiers n'osent pas nous perturber», avouent nos interlocutrices. «Cela fait près d'une trentaine d'années que je gagne ma vie par le biais de ce commerce, je ne sais pas faire autre chose et je crois que les autorités ont bien compris cet état de fait.
Tant que l'ordre public n'est pas touché, il n'y a pas de raison de nous imposer une quelconque mesure coercitive», souligne Lalla Yakout, qui se dit doyenne des dellalate à Oued Kniss. Au niveau de la rue Larbi-Ben-M'hidi, la dynamique du commerce informel des bijoux n'a guère été entamée. L'ambiance a, au contraire, connu une amélioration palpable, à en croire les vendeuses. «Auparavant, les femmes craignaient de venir ici, car il y avait beaucoup de monde, mais depuis la disparition des étals de fortune, l'encombrement a diminué. Maintenant, nous travaillons plus à l'aise», se félicitent trois dellalate à la rue Larbi-Ben-M'hidi. Les vendeuses insistent pour dire qu'elles ne portent aucune atteinte à l'ordre public et certaines vont plus loin en estimant qu'elles ont le droit de s'asseoir là où elles veulent. «Nous sommes aussi des Algériennes et le fait d'être debout ou assises devant des immeubles n'est pas interdit par la loi. Quant à notre métier, nous ne subissons jamais aucun contrôle», soulignent-elles. C'est dire que la vente informelle de bijoux a encore de beaux jours devant elle...
Anis Hani
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Anis Hani
Source : www.infosoir.com