Réaction n L'activité des dellalate dérange les bijoutiers. Ces derniers se plaignent de la concurrence déloyale imposée par ces femmes qui attirent une clientèle de plus en plus importante.
«Je ne comprends pas l'attitude des autorités qui, d'une part, prônent une politique de lutte contre le commerce illégal et, d'autre part, ferment les yeux sur l'activité de ces dellalate. Veut-on qu'on baisse rideau et qu'on se convertisse en commerçants ambulants de bijoux '», dit Hamid, propriétaire d'une bijouterie à Bir Mourad Raïs. Pour notre interlocuteur, les tarifs appliqués par les dellalate portent une grave atteinte à son commerce.
«Il est tout à fait normal que le client achète là où les prix sont plus bas. Ces femmes n'ont aucune charge à payer et c'est la raison pour laquelle elles vendent à des coûts moins importants, quant à nous il faut bien faire face aux charges : impôts, loyer des magasins et autres. L'Etat doit intervenir pour mettre un terme à cette situation», ajoute notre interlocuteur.
D'autres bijoutiers sont même allés jusqu'à accuser les dellalate d'être au service des barons de l'importation qui veulent engranger des gains substantiels en toute impunité. «Nous ne voulons pas priver ces femmes ' généralement mères de familles démunies ' de leur gagne-pain, mais nous appelons les autorités à appliquer la législation en vigueur sur l'organisation des activités commerciales. Lorsqu'on a décidé d'éradiquer les étals informels des fruits et légumes au niveau des différents quartiers d'Alger, on a évoqué la mainmise des barons de l'importation, mais lorsqu'il s'agit de ces dellalate, on ne dit rien. C'est aberrant !», rouspètent certains bijoutiers à Belcourt, Alger-centre et El-Madania. Il est vrai que la contradiction est de taille et la politique des deux poids deux mesures s'avère une réalité palpable dans ce créneau porteur. «Même pour vendre des bijoux, les citoyens ont pris l'habitude de solliciter ces femmes car ils sont certains de vendre à un prix élevé et encaisser leur argent tout de suite.
Quant à nous, nous ne possédons pas de grosses sommes en caisse. Idem pour l'achat où ces vendeuses illégales se contentent de petites marges de bénéfices.
Ça y est, la situation devient insupportable», déplorent nos interlocuteurs. Pour les dellalate, les bijoutiers n'ont pas à se plaindre et doivent plutôt faire face à la concurrence en pratiquant des prix à la portée d'une grande partie des Algériens. «Les propriétaires de bijouterie sont atteints d'une grande boulimie, ils veulent déplumer les clients.
Ils ont aussi cette attitude hautaine qui fait fuir les clients, mais nous nous accueillons gentiment les gens et nous maîtrisons parfaitement la profession», se défendent les concernées. Pour l'heure, le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales n'a pas décidé de déclarer la guerre à la vente informelle des bijoux en or, tout comme le marché de change parallèle de Port-Saïd.
A. H.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com