Alger - Revue de Presse

Entre les yeux bleus et les yeux bridés, les yeux fermés



Pour les annonceurs de la fin du monde imminente, Hadjoujet Madjouj sont déjà là, sous nous yeux, avec les yeux bridés, des déplacementsen groupe et des marchés juteux. Pour le moment donc, les Chinois « algériens »font le marché, font l'autoroute Est - Ouest, quelques murs et attendent. Ilsattendent quoi ? Qu'ils soient plus nombreux encore. Mais ce n'est pas tout :la fin du monde ne se fera pas par un arrêt cardiaque du cosmos mais par undéluge non contrôlé de contrefaçons qui vont contrefaire la création au pointde la faire s'effondrer sur elle-même par un court-circuit majeur ou uneintoxication universelle. En Algérie, c'est presque le cas, d'où cet air de finde monde du monde national qui ne sait plus quoi faire ni quoi fabriquer saufles élections. Mis à part le président de la République, ses ministres, sonpeuple et quelques fruits, tout le reste est presque chinois : les chaussures,les fusibles, les papiers mouchoirs, les rideaux, les pièces de rechange, lesédifices, les routes, les bonbons, le mobilier, les layettes de bébésalgériens, les ordinateurs et les téléphones. Si l'Etat soutient les prix, lesChinois les cassent. Abasourdis par des tarifs qui défient toute concurrence,les Algériens achètent « chinois » en vendant le pays sans le savoir. Cela necoûte presque rien en argent mais coûte cher en conséquences : accidentsélectriques, crevaisons de chaussures trois jours après l'achat, ampoulesgrillées, montres jetables et téléphones en cartons. Le made in China fait desravages mais le miracle des Chinois en Algérie le cache bien, trop bien. Pourle moment, les dirigeants algériens sont trop contents et les consommateursalgériens trop occupés par la surprise. Pour le moment, les morts et lesaccidents sont mis sur le dos du destin et la mauvaise qualité sur le dos de lamauvaise chance et du mauvais choix de l'acheteur. Personne ne parle du délugede la contrefaçon et de la mauvaise qualité catastrophiques des produits «tiers-monde » que nous importons de chez eux et qu'ils vendent chez nous.Pourquoi ? Parce qu'il n'y pas de solution : on ne peut pas remplacer lesChinois ni chez eux, ni chez nous. Ne sachant rien faire, un Algérien n'a plusle choix qu'entre des chaussures italiennes qui coûtent trop cher ou deschaussures chinoises qui durent trois jours. Pour arrêter le déluge de Hadjoujet Madjouj, Alexandre le Grand, alias le bicornu dans notre culture, aconstruit une digue, un mur ou un barrage soutenu par du cuivre et de l'airain.Est-ce possible aujourd'hui ? Non. Pour ce faire, il nous faut en appeler auxChinois pour enfermer les Chinois. Pragmatiques, ils sont capables d'accepterle marché pour prendre l'argent, mais s'arrangeront pour nous enfermer, nous,dans l'endroit qui les intéressent le moins. La raison ? Ils sont partout et cesont nous qui sommes déjà quelque part ou nulle part. C'est ce que disent lesOccidentaux pour sauver leur Occident. Dans le tas, entre les yeux bridés etles yeux bleus, personne ne parle du drame des peuples qui ont les yeux fermés.
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