Alger - Revue de Presse

Enseignement technique Grève des enseignants, guerre des chiffres



La grève de deux jours à laquelle a appelé la Coordination des lycéestechniques et technicums (CLTT) a été largement suivie hier.Solidarité corporatiste oblige, plusieurs professeurs de l'enseignementtechnique général n'ont pas donné de cours hier en signe d'appui à leurscollègues du technique dans leur action de «sauvegarde des lycées techniques»,selon M. Bendaïkha, membre de la CLTT, syndicaliste du Conseil des lycéesd'Alger (CLA), qui avance un taux de suivi de la grève de 70%. Un chiffre démenti,hier après-midi, par une source proche du ministère de l'Education nationale,qui a estimé le taux de débrayage à moins de 5% à travers le territoirenational, qui compte 260 lycées techniques et technicums et quelque 6.000enseignants techniques. Dans cette divergence de statistiques, qui revêtd'autant plus un caractère purement spéculatif qu'il n'existait pas d'un côtécomme de l'autre des cellules de suivi - en tout cas des cellules qui soientfiables et crédibles - pour jauger l'ampleur de la grève, une chose est sûrecependant: les cours ont été plus ou moins perturbés dans la plupart des 260établissements du technique à travers le pays. A Oran par exemple, qui compte 6lycées techniques et technicums, la grève a fait le plein hier avec pratiquementzéro heure de cours au compteur. D'ailleurs, les élèves qui se souviennentencore de la grève du 16 janvier, ne se sont pas donné la peine de rejoindreleurs établissements, tellement convaincus que leurs professeurs, solidaires etrésolus, n'allaient pas changer d'avis à la dernière minute. Selon sesreprésentants, la CLTT, ce «front» d'opposition à la restructuration del'enseignement technique et qui est soutenu par les syndicats autonomes CLA,CNAPEST, SNAPEST et SATEF, «nous allons poursuivre la grève, aujourd'hui, commeprévu. Nous avons lancé un appel pour la tenue, aujourd'hui, de sit-in devantles directions de l'Education nationale des wilayas concernées pour dénoncerhaut et fort le démantèlement programmé des lycées techniques, maquillé par lesceau de la réforme du système scolaire et des programmes du cycle secondaire,en particulier». Les mêmes représentants de la CLTT, déclarent avoir déjà misen route une pétition nationale pour «contester le réaménagement del'enseignement technique, tel qu'il a été conçu d'une manière hâtive etunilatérale par un courant au sein du ministère qui est favorable à ladiminution de l'offre pédagogique, notamment dans le palier technique. Cettepétition sera jointe, entre autres documents annexes, en guise de preuve à unelettre qui sera adressée par la CNLTT au président de la République et au chefdu gouvernement pour solliciter leur intervention». Une mesure d'autantincontournable, selon les mêmes représentants, que «le ministère continue ànous tourner le dos, verrouillant toutes les portes du dialogue et de laconcertation». Par ailleurs, la CNLTT compteorganiser dans les prochaines semaines, une 2ème rencontre nationale des lycéestechniques et technicums pour revendiquer l'abandon du plan de démantèlementdes lycées techniques et technicums et le maintien en place des équipespédagogiques et du patrimoine matériel et l'ouverture du dialogue sur desperspectives pour un enseignement rénové et de qualité. Concrètement, à traverscette mobilisation, la CLTT réagit aux mesures annoncées par le ministère pourle transfert dès la prochaine saison scolaire du patrimoine des lycéestechniques (les ateliers) et le transfert administratif des enseignants deslycées techniques au secteur de la formation professionnelle.
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