Les assises sur l?Enseignement supérieur et la recherche scientifique viennent-elles à temps ou trop tard pour dresser un constat pas assez reluisant de l?université algérienne ? Ces assises seront-elles, autrement, un point de départ vers un état plus conforme aux énormes potentialités de l?élite universitaire algérienne ? C?est, en tout cas, l?objet de ces états généraux de l?enseignement supérieur et la recherche scientifique en Algérie que le chef de l?Etat devrait inaugurer aujourd?hui. Certes, l?Algérie a développé un formidable potentiel de recherche et de développement au sein d?un pôle industriel pratiquement disséminé sur l?ensemble du territoire. Pour autant, est-ce que l?efficacité est au rendez vous ? Les analyses de chercheurs restent réservées. En termes de budget, l?Etat a dégagé, sur la période 2008-2012, quelque 100 milliards de dinars pour développer la recherche scientifique à travers notamment le soutien à des dizaines de projets de recherche dans différents domaines, notamment dans l?industrie, l?agriculture et les technologies de pointe. En outre, le gouvernement a fait plusieurs concessions, même si elles sont jugées insuffisantes, aux revendications salariales du CNES.Un bras de fer entre syndicat des enseignants et ministère de tutelle avait, au début de l?année, failli dégénérer, les enseignants universitaires et chercheurs s?estimant lésés par un fonctionnement du secteur devenu, selon eux, obsolète et n?encourageant pas les universitaires à faire carrière dans la recherche scientifique.Jusqu?à ce que le Conseil de gouvernement adopte, récemment, les projets de textes relatifs aux statuts particuliers de l?enseignant chercheur universitaire, de l?enseignant chercheur hospitalo-universitaire et du chercheur permanent. Une démarche des pouvoirs publics qui aurait, quelque peu, tempéré la colère des enseignants chercheurs.Cette mesure s?intègre dans le cadre de l?application du programme quinquennal 2008-2012, et plusieurs départements et secteurs d?activités sont impliqués dans le processus de recherche dont plus d?une centaine d?actions ont été identifiées par le ministère de tutelle. Mais, dans l?intervalle, la recherche scientifique en Algérie a besoin qu?elle soit plus boostée vers les secteurs porteurs et, surtout, qu?elle soit encadrée par des lois et des mesures qui lui assurent sa pérennité, et non des solutions qui disparaîtront avec leurs initiateurs.Selon des associations scientifiques algériennes, le Maroc enregistre 10 fois plus de productions scientifiques que l?Algérie qui ne disposerait que de mille chercheurs dans ses centres de recherches.Un colloque, organisé par la fondation FOREM en 2007, avait souligné la pauvreté de la recherche scientifique en Algérie par rapport à la Tunisie et le Maroc.Des experts de la FOREM avaient alors relevé que «la recherche scientifique n?avance pas en Algérie». Le constat est d?autant inquiétant que la recherche universitaire et scientifique en Algérie marque le pas, au moment où, à l?étranger, les chercheurs algériens font les beaux jours d?instituts et laboratoires de recherches américains, canadiens ou européens. Selon les chiffres, plus ou moins officiels, il y aurait plus de 1.000 chercheurs en Algérie. La question est donc de savoir s?ils végètent ou s?ils sont réellement bien pris en charge, autant sur le plan matériel que financier.       Une chose est sûre, aujourd?hui: l?Algérie a tout intérêt à rattraper le temps perdu en matière de prise en charge des besoins de la communauté scientifique nationale, et plus particulièrement la recherche scientifique dans les différents centres universitaires et instituts, avec une relation directe avec les secteurs producteurs. Les assises sur la recherche scientifique seront-elles une passerelle vers une amélioration de ces besoins des chercheurs ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Babes
Source : www.lequotidien-oran.com