Le coup de gueule de Yazid Zerhouni
La décision du secrétaire général de l’ONU de mettre sur pied une commission indépendante d’enquête sur les attentats du 11 décembre, continue de provoquer des remous parmi la classe politique algérienne.
Après Belkhadem, qui a dé-claré, depuis Madrid, où il était présent mardi, c’est au tour d’autres acteurs politiques de se faire entendre sur la question. En premier, Zerhouni, ministre de l’Intérieur, dont les propos, au lendemain de ces deux attentats, ont servi de prétexte pour déclencher cette enquête. Jeudi, lors de son passage à l’APN, il n’a pas manqué de mettre les points sur les «i», en dénonçant la décision de Ban Ki-Moon. «Que va apporter de plus cette commission par rapport au travail déjà fait par les autorités algériennes? A-t-elle une baguette magique qui nous permettra d’aller faire sortir les auteurs de ces attentats du maquis?», s’est-il interrogé sur un ton sévère. Le ministre de l’Intérieur, connu pour sa prudence langagière, ne s’est pas gêné, cette fois-ci, pour fustiger l’attitude des responsables de l’ONU et les qualifier de «fausse vierge effarouchée». Dans la foulée, il enfonce encore un clou en direction de ces mêmes responsables onusiens, en leur reprochant leur mutisme pendant que l’Algérie, dans les années quatre-vingt-dix, était seule face au terrorisme. «Pourquoi ceux qui parlent de commission indépendante n’ont pas avancé leur solution magique lorsque l’Algérie combattait seule le terrorisme?». Le ministre de l’Intérieur, en expliquant que l’Algérie assume ses obligations d’assurer la sécurité des ressortissants étrangers, rappelle au passage toutes ces institutions de l’ONU qui avaient et continuent d’être la cible du terrorisme, citant l’exemple de ce qui s’est passé «à Baghdad en Irak, en Europe et dans d’autres régions». Le ministre a rappelé également les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis pour dire qu’»aucun pays n’est à l’abri» de la menace terroriste. «Faire face aux attentats terroristes nécessite une vigilance permanente», a dit M. Zerhouni, ajoutant que «c’est pour cette raison que nous avons toujours appelé à la mobilisation et à la vigilance des citoyens». La Secrétaire générale du Parti des travailleurs s’en mêle, aussi, en jugeant cette commission d’enquête inutile dans la mesure où les auteurs des attentats ont revendiqué et assumé publiquement leurs actes. Et de s’interroger sur l’attitude de l’ONU à la suite des attentats du 11 septembre. «L’ONU n’a pas créé une commission d’enquête après les attaques du 11 septembre 2001 qui ont ciblé le World Trade Center à New York causant la mort de plusieurs étrangers». Les attentats terroristes perpétrés en 2007 en Algérie, ayant ciblé les institutions de l’Etat, «démontrent que la Nation est ciblée dans son entité». Le RND, à l’occasion de la réunion de son bureau national, mercredi dernier, n’en pense pas moins. Dans un communiqué où il nourrit en filigrane des soupçons sur les réelles intentions de l’ONU, le parti d’Ouyahia estime que «l’ouverture d’une enquête est une question qui doit être clarifiée». Pour sa part, le parti islamiste, En-Nahda, n’hésite pas à parler carrément d’»ingérence et d’atteinte à la souveraineté nationale». Est-ce que la réaction et surtout les explications fournies par les autorités algériennes sont de nature à couper court à ce qui s’apparente à une escalade verbale entre Alger et l’ONU? Difficile d’y répondre au vu des dernières déclarations du porte-parole de l’ONU, qui laisse entendre que son organisation entend aller jusqu’au bout de sa démarche.
H. Senouci
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com