Premier séminaire sur le patrimoine musical en Algérie
Le Théâtre Régional AEK Alloula a abrité, hier matin, les assises du premier séminaire sur le patrimoine musical en Algérie.
Une rencontre inédite, sur l’initiative du Commissariat du Festival national de la chanson raï, qui se propose d’instaurer, à chaque édition du Festival, une réflexion et un débat autour du patrimoine artistique et culturel en Algérie. Au sommaire de ce premier rendez-vous qui s’est déroulé dans le hall du premier étage du Théâtre Régional, réservé ordinairement aux lectures dramatiques, cinq communications seront présentées par des chercheurs et universitaires devant un parterre, hélas, très parsemé. Premier intervenant, M.Hmida Benaoum, anthropologue et enseignant à l’université de Perpignan, axera son intervention sur la signification à donner à certaines manifestations culturelles ou «comment la société consomme le sens de ces manifestations». Il soutiendra que toutes les manifestations culturelles portent en elles-mêmes leur propre signification. Pour étayer son propos, il citera en exemple, en les décryptant, des pratiques très usitées dans la société algérienne, telles que la transe qu’il assimilera à un acte de désocialisation de la femme par la «libération de son corps de toutes les violences symboliques accumulées», le youyou à une expression sonore de l’exaltation du corps ou la joute poétique où le rythme et le son sont prévalants par rapport au sens. Lui succédant, M.Meliani Hadj, commissaire du festival, universitaire et chercheur au CRASC, s’attellera, dans une communication dédiée à Mohamed Belhalfaoui et Saïm El Hadj, à faire un bref survol historique pour donner des précisions sur le substrat culturel dans lequel a pu évoluer la musique oranaise moderne. Situant sa naissance à la fin du XIXème siècle, dans une situation coloniale, dans les cafés de Mdina Djedida, lieux de rencontres privilégiés des chioukhs, Meliani Hadj indiquera que la musique oranaise est une musique bédouine qui s’est «citadinisée» en s’enrichissant des apports des formations folkloriques locales, de la musique arabo-andalouse pratiquée au sein de la communauté juive, les pratiques culturelles espagnoles ou encore les rythmes d’Amérique latine ou le jazz importés lors du débarquement des forces américaines lors de la 2ème Guerre Mondiale. Il signalera au passage que, contrairement au raï qui est en constant renouvellement et ouvert à tous les métissages, cette musique oranaise se sclérosera pour s’être refermée sur elle-même. Les autres communications auront trait à la tradition musicale à Janet, les musiques confrériques et les styles musicaux dans la région de Bechar.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com