
A un mois de la clôture de l'emprunt national pour la croissance économique, le gouvernement ne fait plus rien pour séduire les souscripteurs. La communication officielle s'est pratiquement arrêtée avec l'éviction de Benkhalfa en juin dernier.Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - Le Forum des chefs d'entreprises (FCE) fait le forcing auprès de ses membres pour les amener à respecter les engagements pris lors de la fameuse soirée du 28 juin dernier et qui a vu l'organisation d'annoncer la collecte de 152 milliards de DA (1,5 milliard de dollars). Or, jusque-là les membres qui se sont engagés à souscrire à cet emprunt n'ont toujours pas concrétisé leurs engagements ou n'ont souscrit que pour de petits montants. Tout l'intérêt de l'opinion publique porte, désormais, sur le résultat de cette opération de séduction lancée par le FCE et le débat tourne autour des bribes d'informations qui filtrent de la proximité immédiate de l'organisation.Or, officiellement, la campagne non-stop de promotion qui a accompagné cette opération depuis son lancement au mois d'avril s'est arrêtée net pratiquement avec l'éviction de l'ancien ministre des Finances Abderrahmane Benkhalfa à l'issue du remaniement ministériel du 11 juin. Entourée déjà du secret – le gouvernement s'est jusque-là réservé de révéler le montant qu'il s'est fixé comme objectif –, l'opération, qui a bénéficié d'une véritable campagne de publicité, ne fait même plus l'objet de communication officielle. Et, on est loin du battage médiatique qui l'a entourée au début où l'ancien ministre des Finances ne rate aucune occasion pour appeler les épargnants à contribuer à sa réussite.En effet, à défaut de pouvoir convaincre les souscripteurs et susciter l'engouement populaire pour cet emprunt, le gouvernement a laissé la place au FCE qui s'est chargé de collecter l'épargne dans une tentative de sauver l'opération. Mais, l'organisation patronale qui a rameuté ses adhérents pour réussir l'opération n'a pas pu non plus les amener à mettre la main à la poche. Passée l'excitation suscitée par de la soirée de mobilisation organisée à l'hôtel El Aurassi le 28 juin et qui a vu les membres de l'organisation ainsi que les entreprises publiques et l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) s'engager à miser 152 milliards de DA dans la cagnotte, le résultat de cette quête tarde à être communiqué. Et pour cause, beaucoup parmi ceux qui se sont engagés à souscrire ont fait machine arrière. D'autres ont souscrit pour des montants nettement inférieurs à leurs engagements initiaux. L'on susurre du côté de FCE où les membres de l'organisation sont relancés quasi-quotidiennement par rapport à leurs engagements, que ce qui a été réellement collecté à ce jour, soit deux mois et demi après «la soirée de mobilisation», n'ont pas dépassé les 15% du montant annoncé. Sachant que les privés agglomérés au sein du FCE se sont engagés à souscrire à peine pour 27 milliards de DA. Le gros des souscriptions annoncées en ce 28 juin étant constitué des souscriptions des entreprises publiques, des établissements financiers publics et de l'UGTA qui ont misé respectivement 55, 45 et 25 milliards de DA.En tout cas, si on n'a jamais communiqué le montant qu'il souhaite lever pour ne pas avoir à justifier un échec — il s'élève à l'équivalent de quelque dix milliards de dollars selon certaines sources —, son refroidissement du gouvernement ne dissiperait pas le scepticisme déjà perceptible chez les épargnants qui n'ont jamais vraiment adhéré à la démarche.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L H
Source : www.lesoirdalgerie.com