Alger - Revue de Presse

Elles en appellent au gouvernement Familles de harraga, l'autre face du drame



Dans une conférence de presse donnée hier dans son nouveau siège à Alger, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) regrette de constater le recul dans le respect des droits de l'homme. Ouvrant la séance, le nouveau président de la ligue, Mustapha Bouchachi, a d'abord attiré l'attention sur l'état d'urgence qui, dira-t-il, handicape la contestation des citoyens. Se solidarisant avec le peuple palestinien, il regrette le fait que dans le monde des voix s'élèvent pour dénoncer les agressions de l'armée israélienne contre la Palestine, alors que le citoyen algérien ne peut manifester, hélas, sa colère et cela depuis l'instauration de l'état d'urgence. Une décision à qui l'on prête cette régression de la vie politique.  L'un des animateurs de la conférence, Me Noureddine Benissad, dans son intervention, a indiqué que l'état d'urgence « semble s'éterniser dans le temps » et d'expliquer que cette décision est prise, selon lui, « en violation de la constitution et des lois ». Prenant la parole, Me Ali Yahia Abdenour a rappelé que les droits de l'homme sont indivisibles et universels et s'appliquent à tous. Revenant sur les dernières grèves dans le secteur de la fonction publique, le président d'honneur de la ligue a dénoncé un recours « systématique » à la justice, alors que les travailleurs sont dans leur « bon droit ». D'autant, ajoute-t-il, que l'Algérie est signataire des conventions internationales relatives aux droits économiques et syndicaux. « Au mouvement des travailleurs, on ne peut opposer chaque fois la justice », dira-t-il. Le phénomène des harraga, sujet brûlant d'actualité, semble, selon la ligue, directement lié à l'inexistence d'une politique de distribution des richesses du pays. Le président de la LADDH, Mustapha Bouchachi, indiquera « nous devrions avoir honte pour un Etat si riche ». L'on soutient que le phénomène de l'émigration clandestine prend des proportions alarmantes et de plus en plus de jeunes sont tentés par un départ qui se termine le plus souvent par le drame de « l'emprisonnement ou de la mort ». Prenant le relais sur cette question, Kamel Daoud, un avocat du barreau de Annaba et membre de la ligue, a indiqué que des parents de harraga dans la région de Annaba ont déclaré que leurs enfants ayant tenté l'immigration clandestine sont prisonniers dans des pays de la Méditerranée comme la Tunisie, l'Italie ou l'Espagne. Mais ils soupçonnent que c'est surtout en Libye qu'ils sont les plus nombreux. Le même intervenant ira jusqu'à parler d'un « Guantanamo » libyen. Ces familles, en phase de constituer une association des harraga disparus, signalent qu'ils ont déjà fait des pétitions en direction des députés et en appellent cette fois-ci à l'Etat et au gouvernement pour prendre en main ce dossier. Ces familles, est-il expliqué, « croient dur comme fer que si leurs enfants sont en Europe, ils l'auraient su. S'ils sont morts, leurs corps auraient été rejetés par la mer. En outre, Bouchachi a évoqué des cas de torture à la prison d'El-Harrach. Pour ce qui est des libertés politiques et de la liberté de la presse, la ligue « ne comprend pas pourquoi on refuse aux professionnels de créer des organes de presse, au moment où la loi le leur permet ». Le président de la LADDH précise: « Il leur est seulement demandé d'informer le procureur de la République de la création du journal ». S'agissant de la position de la ligue en ce qui concerne la révision de la constitution et un troisième mandat au président de la République, son président a indiqué qu'il y a lieu de voir s'il est « judicieux » de faire une révision de la constitution et quel est son objet. Bouchachi précise que la ligue « est pour tout ce qui oeuvre à plus de démocratie ». Ali Yahia Abdenour, catégorique, indique pour sa part que ce sont pas moins de cinq constitutions qui ont été votées depuis 45 ans et qu'elles « n'ont pu changer la nature du pouvoir ». Il ajoutera que la constitution de 1996 a été pourtant positive sur plusieurs plans.
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