Alger - Revue de Presse

Elle se fait de plus en plus rare : A 200 DA le kilo, la sardine prend le large



La sardine se fait désirer, ces jours-ci, sur les étals et sur les tables algériennes. Le prix de ce poisson bleu a dépassé l'entendement, atteignant les 200 DA le kilo et même plus dans certaines régions du pays. Flambée de prix d'autant difficile à digérer en cette période pré-estivale. En fait, ce n'est pas seulement la sardine dont le prix a augmenté outre mesure depuis quelques jours, mais quasiment tous les poissons bleus et blancs. Par ricochet, les mollusques et les crustacés, notamment la crevette, ne pouvaient faire autrement que de suivre la tendance. Cependant, la hausse du prix de ce qui est communément appelé -à tort ou à raison- « poisson des pauvres » est de loin la plus spectaculaire. Bien que les explications données, y compris par les gens de la mer et les officiels du secteur de la Pêche, soient très divergentes, il n'en demeure pas moins que l'explication, qui paraît la plus plausible, est celle évoquant un déficit de production que les marins pêcheurs, eux, incombent au déplacement des bancs de sardine. De nombreux professionnels de la pêche affirment, en effet, que depuis pratiquement avril dernier, ce poisson migrateur est de moins en moins présent au large de notre littoral. Les raisons de cet exode massif du poisson bleu « algérien » divergent. Pour un responsable du secteur de la Pêche et de l'Aquaculture d'Oran, le facteur principal de la pénurie est lié à la période de reproduction (ou régénération) qui fait que le poisson bleu descend vers les profondeurs inaccessibles pour la flotte locale ainsi que les mesures de restriction et de rationnement inhérente à cette période « repos biologique » qui va jusqu'à la mi-juin. Une chose est sûre cependant, depuis quelque temps et sur toute la côte algérienne, les sardiniers rentrent au port avec une mince prise dans leurs filets. « A peine une dizaine de caisses au terme d'une longue journée en mer...pour les plus chanceux ! Ça ne couvre même pas les frais du carburant et de l'huile », révèle un pêcheur d'Oran qui ironise : « Par les temps qui courent, la sardine elle aussi préfère voyager vers l'autre rive ». N'échappant pas à la surenchère, le prix de la sardine au marché de gros oscille, ces jours-ci, entre 160 et 180 DA le kilo. A la pêcherie d'Oran, la sardine notamment n'appartient plus à ceux qui se lèvent tôt mais à ceux qui payent plus, par commande et à l'avance. Les grands restaurants « spécialité poisson », qui pullulent près du port de pêche, ainsi que les grandes poissonneries font partie de ceux-là. Dès lors, il ne restera pas grand-chose pour les poissonniers ambulants. La sardine hors de portée, les petite et moyenne bourses se rabattent sur l'allache et la bogue. Les régions, qui s'approvisionnent en poissons directement des ports de Bouzedjar et Béni-Saf, sont logées à la même enseigne. Pire, en raison du mauvais temps et de la mer houleuse, la plupart des sardiniers, des palangriers et des chalutiers de ces ports ne sont pas sortis en mer depuis plusieurs jours déjà, indique-t-on. La région centre du pays n'est pas en reste. A Boumerdès, wilaya de pêche par excellence avec ses trois ports de Dellys, Zemmouri, Cap-Djinet et l'abri de pêche d'El-Kos, le prix du kilo de la sardine frôle les 200 DA. Encore faut-il en trouver. Selon le directeur de la Chambre de la pêche de cette wilaya, il y a une baisse de la production en cette période. Mais le responsable en question ajoute que la production peut reprendre, dans quelques jours, des niveaux très hauts, ce qui va, selon lui, certainement inverser la situation et influer sur les prix de la sardine qui pourraient de nouveau retomber à des niveaux très bas. L'expérience a, en effet, démontré, explique-t-il, que le marché de poisson, et celui de la sardine en particulier, est marqué par des rebondissements spectaculaires pouvant survenir en un petit laps de temps.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)