Alger - Revue de Presse

Elle remercie le président pour les acquis sociaux des travailleurs



L’UGTA fait son mea culpa L’union générale des travailleurs algériens (UGTA) a dit hier tout haut ce que tous les travailleurs algériens pensent tout bas: les acquis sociaux et les augmentations de salaires des milliers d’employés sont l’œuvre quasi exclusive du président de la République. La centrale syndicale a, en ef-fet, reconnu publiquement hier qu’elle n’a joué que des seconds rôles dans la concrétisation de ces avantages sociaux concédés par les pouvoirs publics. Au terme de la session ordinaire, l’instance suprême de l’UGTA entre les deux congrès, à savoir la Commission exécutive nationale (CEN), a salué dans une lettre adressée au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sa «volonté» d’agir pour la relance économique et le progrès social en Algérie. «Votre volonté d’agir pour la relance économique et le progrès social par la promotion du cadre du dialogue constitue une dynamique qui a permis d’enregistrer des résultats probants dans différentes négociations ainsi que dans la prise en charge des problèmes socioprofessionnels du monde du travail avec les pouvoirs publics», écrit la CEN dans sa missive au chef de l’Etat.«La CEN, consciente de votre écoute et de votre disponibilité à l’endroit des travailleurs et de leurs familles, tient à vous exprimer sa gratitude pour les mesures salariales et sociales qui ont été acquises par les travailleurs et les retraités sous l’impulsion et l’initiative de votre Autorité», précise encore l’instance exécutive de l’UGTA, confirmant si besoin est que l’appareil n’a fait qu’endosser des mesures décidées par le premier magistrat du pays. Qu’il s’agisse du paiement des arriérés de salaires ou des augmentations, l’UGTA n’aurait donc rien pu faire sans l’intervention du président. C’est là un aveu lourd de sens pour un syndicat qui prétend représenter et défendre des milliers des travailleurs. La lettre de la CEN suggère que les partenaires de l’UGTA dans les négociations n’auraient pas pu lâcher du lest ni fait de concessions n’étaient les instructions de Abdelaziz Bouteflika. «L’esprit du dialogue et de la concertation» animant l’UGTA et ses partenaires «prend appui» sur la volonté du président Bouteflika «d’asseoir une paix civile et une stabilité sociale, vecteurs indispensables pour consolider et approfondir le développement économique et l’amélioration du bien-être social des travailleurs et de leurs familles», souligne en effet la lettre de l’UGTA. Et pour lui renvoyer l’ascenseur, la CEN promet de »ne ménager aucun effort pour participer de façon active aux côtés de ses partenaires aux actions qui sont menées face aux grands enjeux de l’heure, particulièrement les défis majeurs de la mondialisation». S’agit-il là d’un chèque en blanc pour l’opération de privatisation qui bat déjà son plein? Même si la CEN ne le souligne pas, il est loisible de décoder le message transmis par l’UGTA. Elle ne compte pas s’opposer aux programmes de réforme en cours du moins pour le principe. La centrale de Sidi Saïd finit du reste par lâcher le morceau en rendant hommage au chef de l’Etat et en le remerciant «avec la plus grande fraternité pour avoir toujours répondu favorablement aux attentes du monde du travail». Il est à se demander à quoi sert désormais l’UGTA si le président peut à lui seul garantir un climat social saint à travers la prise en charge officielle des préoccupations des travailleurs? 
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