Sans remettre en cause le droit à la grève, la ministre de l'Education s'insurge contre le principe de la grève illimitée. Bien décidée à sauver l'année scolaire, Benghabrit fait appel aux inspecteurs, aux retraités et aux listes additives des candidats reçus aux concours. Pas question d'année blanche, le retard accusé dans certaines wilayas est rattrapable, assure-t-elle.Nawal Imès- Alger (Le Soir) - C'est une ministre de l'Education visiblement agacée par le mouvement de grève du Cnapeste qui intervenait hier sur les ondes de la Radio nationale. Nouria Benghabrit est, cependant, déterminée à ne pas laisser ce débrayage compromettre la scolarité des élèves. Inspecteurs, retraités et remplaçants sont appelés à la rescousse pour dispenser des cours et rattraper un retard estimé par la ministre à pas plus de quatre semaines. Il faut éviter, dit-elle, de ne regarder le secteur que par le biais de ce qui se passe à Béjaïa et à Blida. Il n'est pas acceptable, affirme la ministre, que le Cnapeste prenne comme prétexte des conflits locaux pour entamer une grève ouverte pour exiger la concrétisation de procès-verbaux'signés au niveau local et la suppression des ponctions sur salaires. Non, répond clairement la ministre : pas question de mettre en application autre chose que des procès-verbaux signés au niveau central.
Le ministère a, dit-elle, comme slogan «Pas de mensonge» et ne s'engage que sur ce qu'il peut honorer. Inadmissible également pour Benghabrit que des syndicalistes ne conçoivent le règlement des conflits que par le départ des personnes avec lesquelles ils ne s'entendent plus. La grève qui touche actuellement certains établissements'trouve ses raisons dans des considérations autres que les libertés syndicales, assure la ministre.
Son département, dit-elle, met, au contraire, à disposition des syndicalistes tous les moyens pour exercer dans les meilleures conditions mais cela doit se faire dans le cadre de la loi. S'il n'est pas question pour elle de remettre en cause un droit constitutionnel, la grève illimitée n'est citée dans aucun texte et empêche d'emblée les canaux ordinaires du dialogue de fonctionner. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle refuse catégoriquement de recevoir le bureau national du Cnapeste tant que ce dernier n'a pas gelé son mouvement. Il ne peut y avoir des droits sans devoirs, dit-elle, ajoutant que le secteur n'est plus dans le contexte de 2005. Plus besoin de recourir, dit-elle, à la grève pour se faire entendre tant les canaux d'expression sont multiples aujourd'hui.
Nouria Benghabrit avoue qu'il était difficile de devoir répondre à des mensonges, comme celui d'affirmer que les portes du dialogue étaient fermées alors que son département avait pris, dès 2015, ses responsabilités et prouvé sa bonne volonté en avouant aux partenaires sociaux que le statut particulier contenait des dysfonctionnements qu'il s'attelait à régler progressivement.
Certains problèmes sont néanmoins récurrents et ont nécessité la mise en place d'une commission mobile pour identifier et régler les problèmes de gestion au niveau local.
Ses membres font face à des situations inédites lorsqu'ils ont affaire à des responsables locaux affiliés à des syndicats. A qui profite le pourrissement ' Benghabrit estime que ceux qui donnent des cours particuliers sont les plus grands bénéficiaires.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N I
Source : www.lesoirdalgerie.com