Alger

Economie chinoise Est-ce un cas d'école '



Economie chinoise Est-ce un cas d'école '
Le succès d'une économie dépend de la technologie, du marché et du degré de concurrence. Un amalgame qui semble réussir pour la Chine qui enregistre annuellement un taux de croissance avoisinant les 10%.
En effet, la Chine connaît, depuis une vingtaine d'années, une croissance exceptionnelle qui fait d'elle aujourd'hui la deuxième économie mondiale. Cette croissance est portée par des entreprises ultracompétitives qui ont réussi aux plus hautes places mondiales dans la plupart des industries, enclenchant un mouvement irréversible vers des acquisitions majeures dans les économies de marché avancées. Pour comprendre ce succès chinois, le think tank 'Défendre l'entreprise', en collaboration avec l'Ecole nationale supérieure de management (ENSM), a invité Xavier Richet, professeur d'économie à l'université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et l'un des meilleurs connaisseurs des économies en transition.
Dans une conférence intitulée : 'Trajectoire chinoise : réformes, gouvernance et internationalisation des entreprises' tenue hier à l'hôtel Sofitel d'Alger, le professeur Richet a dressé un tableau exhaustif de l'expérience chinoise qui, selon lui, a trouvé forme grâce à 'la mise en 'uvre d'une politique d'ouverture interne et externe vers la fin des années 1970'. Un système à deux voix, comme l'explique le conférencier. Cette expérience a trouvé également forme grâce à la continuité et l'approfondissement des réformes engagées et qui s'articulent sur la concurrence interne, un système financier particulier et l'entrée des capitaux étrangers qui ont ramené la technologie. Selon M. Richet, la politique mise en 'uvre consistait en la restructuration des entreprises de l'Etat, mais aussi le développement d'un secteur non étatique, notamment les entreprises de campagne. Les autorités chinoises ont, au départ, expérimenté le marché dans des zones économiques spéciales et dans des villes côtières, avant de développer le marché par la généralisation de la concurrence entre de nouveaux compétiteurs (firmes privées et non étatiques).
D'un point de vue organisationnel, le pouvoir central a accordé une certaine autonomie aux provinces et aux municipalités qui fait que chaque province ou canton avait la possibilité d'avoir sa propre politique dans le développement économique de la région. Cette autonomie fait que chaque province dispose de ses propres producteurs. Cette approche décentralisée n'a pas pour autant empêché le soutien de l'Etat à l'économie. Le professeur Richet a, dans son exposé, recensé quatre types d'entreprises en Chine. Les grands groupes d'Etat dans le secteur non concurrentiel, les groupes d'Etat et collectifs leaders du secteur concurrentiel, les petits groupes du secteur d'Etat et collectif et, enfin, les groupes privés du secteur concurrentiel. L'autre aspect développé par le conférencier a trait à l'internalisation des entreprises chinoises. En effet, les Chinois ont adopté dans cette internalisation une stratégie offensive faite de rachat de marque (Lenovo/IBM) et la montée en gamme avec une concurrence sur des segments à forte valeur ajoutée. Il est également question de rachat de parts de marché avec de fortes subventions et l'orientation vers les grands travaux à l'étranger. Pour le côté défensif de leur stratégie, les Chinois se sont orientés vers l'accès aux matières premières. Pour le professeur Richet, le succès est manifeste dans les technologies moyennes. Même s'il y a eu des difficultés dans certains secteurs qui n'ont pas réussi leur acquisition, la courbe d'expérience est rapide dans beaucoup de secteurs.
Xavier Richet ajoute que la vraie internalisation pour les Chinois est le rapatriement des acquisitions extérieures pour se renforcer à l'intérieur. Il citera, à ce titre, le rachat de Volvo par l'entreprise chinoise Geely et l'ambition de cette dernière d'implanter en Chine trois usines de montage Volvo. L'économie chinoise connaît une croissance fulgurante. Parmi les 500 premières entreprises mondiales en 2008, 37 étaient chinoises. Sur les 100 premières firmes des pays émergents, 43 sont chinoises. La Chine est le premier pays exportateur au monde. Mais quelles sont les perspectives de cette économie en perpétuelle croissance ' Le professeur Richet estime que cela dépendra des Chinois eux-mêmes. En effet, le conférencier a indiqué qu'en cas de persistance de récession dans les pays développés, l'économie chinoise, pour maintenir sa croissance, devra se retourner vers la croissance interne. Pour cela, il faudra que le Chinois consomme. Ce qui n'est pas le cas actuellement, puisque, selon lui, les Chinois épargnent beaucoup mais ne consomment pas.
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