Alger

Une jeunesse éternelle Adane Mustapha au musée Cirta



Une jeunesse éternelle Adane Mustapha au musée Cirta
Il fait partie des intellectuels de la pré et post-indépendance qui ont profondément étampé le pays d'un esprit avant-gardiste et résolument engagé.
Il entama des études artistiques à Leipzig (Allemagne) à partir de 1960, obtint un diplôme de pédagogie artistique, de graphisme et de sculpture, et retourna à Alger en 1965, où il enseigna la sculpture et le modelage. Nous évoquions Adane Mustapha, cet immense artiste plasticien aux talents multiples et aux grandes idées, qui côtoya les prestigieux Mohamed Racim, Djamel Amrani, Yellès, Issiakhem, Malek Haddad, Jean Senac, Mustapha Kateb, Sid-Ali Kouiret, ali Khodja, Temam, Bachtarzi et autant de figures culturelles marquantes et confirmées des années 1970. Nous parlions de talent, alors que nous aurions presque envie de parler de magie en regardant les 'uvres de Adane.
Sa parfaite maîtrise de plusieurs techniques, intimement et merveilleusement composites, inspirée de la diversité même de l'environnement où évolue l'artiste, leur confère originalité et puissance. C'est un étonnement infini, mêlé d'un délicieux et vif plaisir, que suscite son exposition (du 6 mai en cours au 6 juin prochain) à la galerie du musée national Cirta. «Des émaux sur cuivre pour la plupart, comme il l'explique lui-même dans son prospectus, une technique de l'émaillage connue depuis des siècles dans notre pays ; les bijoux berbères émaillés sur argent étaient connus dans le Maghreb et en Orient, alors que le colonialisme en a fait un artisanat indigène». Selon lui, cette «incompréhension continue chez nous», dès lors où cet art, dont l'origine remonte à l'antiquité, n'est pas enseigné. Il est «réduit à un art folklorique, mais précieusement collectionné ailleurs».
Ses grands tableaux, d'où fuse une généreuse et éclatante polychromie d'émaux sur cuivre, de rouges, bleus et jaunes, racontent le printemps, la beauté des femmes, celle des paysages, mais aussi la sombre colère, la révolte, le soulèvement intempestif pour Gaza (plume, encre), ou des figures ayant frappé l'imaginaire et la sensibilité à fleur d'âme de l'artiste, celles du boucher, du banquier, de la «Guezana» (ou diseuse de bonne aventure)' A 80 ans, Adane respire l'énergie salvatrice. Dans sa perpétuelle quête esthétique, il portera longtemps le monde entre ses mains, qui, à son tour, lui livrera un déluge de nouvelles formes et des concerts de couleurs.
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