Les autorités algériennes ne seraient pas prêtes à débourser plus de 7 milliards de dollars pour une licence qui expire dans 3 ans.
Un nouveau rebondissement dans l'affaire Djezzy avec l'annonce, plutôt inattendue, du groupe OTH de recourir, en définitive, à l'arbitrage international. Un état de fait qui vient ainsi effacer d'un revers de main l'euphorie des derniers jours pour un imminent règlement à l'amiable.
En procédant de la sorte, OTH veut signifier indirectement l'échec des négociations avec le gouvernement algérien. Cette mesure est motivée par 'les décisions jugées illégitimes prises par le gouvernement algérien depuis 2008'. C'est du moins ce qui est expliqué dans un communiqué adressé jeudi par OTA aux travailleurs de l'entreprise pour faire part des derniers développements et appeler 'à la poursuite du travail', rappelant l'engagement de l'entreprise à leur égard. Une façon de rassurer également le collectif et d'éviter un malaise face aux rumeurs persistantes distillées pour déstabiliser l'entreprise. Que s'est-il passé réellement pour que la situation vienne à s'envenimer entre les deux parties qui, vraisemblablement, étaient sur le point de conclure ' Le cabinet d'affaires chargé d'évaluer Djezzy avait même fini, après plusieurs mois, par rendre ses résultats en estimant la valeur d'OTA à plus de 7 milliards de dollars. Il ne restait plus aux deux parties que de se mettre d'accord pour un prix acceptable qui donnerait la majorité à l'Algérie. Autre fait à relever : cette annonce coïncide avec la énième amende de 1,3 milliard de dollars infligée récemment à l'opérateur. Ce dernier récuse le fondement même de cette sanction et fait appel.
Ce serait même, de l'avis des experts, la véritable raison qui a plombé les pourparlers faisant sortir le groupe russe de ses gonds à plus forte raison que les Algériens auraient voulu défalquer cette somme sur le prix à négocier. C'est du moins ce qui circule dans l'entourage des négociateurs russes qui vont jusqu'à avancer que 'les autorités algériennes ne seraient pas prêtes à débourser 7 milliards de dollars pour une licence qui va expirer dans
3 ans'.
Vendue pour 15 années, qui est une moyenne internationale, il appartient en effet à l'Algérie d'accepter ou non de renouveler la licence. Mais le gouvernement algérien serait-il amené à radicaliser sa position ' En même temps, il faut dire que le gouvernement algérien s'est mis dans une mauvaise posture. C'est que la somme faramineuse de 6,5 milliards de dollars représente en soi le budget d'un petit pays. Que de questions qu'aucune voix officielle ne veut ou ne peut se prononcer. C'est à se demander, en définitive, si c'était une bonne idée dès le départ de décider du rachat de l'opérateur alors qu'il existait bien d'autres solutions pour tirer son épingle du jeu sans y perdre des plumes. Le russe Vimpelcom, pour sa part, n'a pas manqué de préciser qu'il reste réceptif et ouvert à 'un accord à l'amiable' qui serait, selon ses déclarations, 'bénéfique pour les deux parties'.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nabila SAIDOUN
Source : www.liberte-algerie.com