Aprés des vacances trés méritées les députés vont retrouver l'hémicycleFace aux députés et à l'opinion publique, Ahmed Ouyahia tentera de rassurer ses alliés et ses détracteurs qu'il n'y a pas d'autre issue pour sortir le pays de la crise que son plan d'action.
Poursuivre le développement du pays, alimenter les caisses de l'Etat, garantir ses dépenses, maintenir la paix sociale et préserver la souveraineté nationale, voilà les principaux défis que doit relever Ahmed Ouyahia. Le plan d'action qu'il présentera ce dimanche devant l'Assemblée populaire nationale doit répondre concrètement à ces inquiétudes et galvaniser le moral des Algériens affecté par trois années de crise.
Oui, mais où trouver l'argent pour mener une telle politique' Les recettes extérieures mettront des années pour s'améliorer, l'endettement extérieur est exclu sur décision du président de la République et l'économie algérienne souffre de la faiblesse de son offre à l'exportation qui demeure à 95% dominée par les hydrocarbures. Face à ces contraintes, le Premier ministre a opté pour le financement non conventionnel de l'économie, c'est-à-dire autoriser la Banque d'Algérie à doter en fonds le Trésor public et à prêter main forte aux banques commerciales. Cette méthode peu orthodoxe et transitoire vise à éloigner, durant cinq ans, le spectre de la rareté du liquide pour garder ouvert le robinet des paiements sans lequel la machine à produire tomberait en panne. Elle renferme néanmoins un vice toxique. Même si elle permet de gagner du temps avant la remontée du cours du gaz et du pétrole, elle peut doper l'ogre de l'inflation et fouetter le serpent de la spéculation. Evidemment, le manque à gagner dont souffre l'Algérie, depuis 2014, aurait été plus aisé à couvrir si la structure de son économie était plus diversifiée, performante et moins dépendante des importations. Le fardeau qui pèse sur son budget aurait également été moins étouffant si elle disposait d'un marché financier dynamique et autonome capable d'approvisionner en toute circonstance le monde des affaires en ressources. Ailleurs, les Bourses des valeurs constituent le premier gisement où les entreprises puisent pour renflouer leurs caisses quand elles veulent vitaliser leur croissance. Elles peuvent ainsi ouvrir leur capital aux investisseurs ou émettre des obligations à court, à moyen ou long terme en contrepartie d'argent frais. Il existe, d'autre part, une multitude d'échafaudages pour assurer la disponibilité des allocations à la sphère productive. Chez nous, la Bourse d'Alger tient plus du club d'amateurs de la finance, du centre de formation en techniques bancaires que de la plaque tournante monétaire. Depuis sa création en 1993 et sa constitution en 1997, elle brasse une quantité négligeable de capitaux ce qui en fait l'une des plus petites places financières au monde. Les banques, pour leur part, subissent actuellement une contraction des liquidités et ne disposent pas d'assez de marge pour répondre à une grande demande de crédits. En revanche, le secteur informel capte et thésaurise près de la moitié de la masse monétaire créée dans le pays; un butin qui échappe au fisc et nourrit la spéculation ainsi que la spirale des importations. En règle générale, la rente pétrolière a généré des attitudes fatalistes et peu propices à l'initiative, peu valorisantes pour l'innovation. Le secteur public a une vocation moins commerciale que sociale et le secteur privé demeure, sauf dans certains cas de réussite, mou et pas assez compétitif à l'étranger. Cette structure hybride est, de plus, encadrée par une administration pléthorique, rigide, procédurière, décourageante pour l'esprit d'entreprise. Une situation qui prive le pays d'une manne de devises à sa portée au regard du potentiel concurrentiel qu'il recèle et des avantages comparatifs qu'il peut mettre sur le marché mondial. Mais à quelque chose malheur est bon. La crise, somme toute passagère, qui affecte l'Algérie peut stimuler l'imagination et favoriser les énergies, à condition que la volonté politique fasse le choix de promouvoir une Algérie gagneuse et réprimer les appétits voraces des parasites qui attaquent son pain. Car, même s'il est éprouvé par cet accès d'hyperthermie, le pays n'est pas totalement à genoux. Il dispose d'un matelas de réserves confortable, évalué à plus de 100 milliards de dollars, d'un niveau d'endettement ridicule par rapport à son PIB, de richesses naturelles appréciables et d'une population saine, bien éduquée dans sa majorité, qui ne demande qu'à s'enrichir par le travail. Ahmed Ouyahia, qui aime apparemment gouverner en temps de houle, essaiera, en usant de son talent d'orateur, de convaincre l'opinion publique de la justesse de ses choix. Il affrontera ses éventuels contradicteurs, fort de l'alliance qu'il a pu réunir, en un temps record, autour de sa personne et de ses idées. L'Ugta, le patronat et les partis qui se reconnaissent dans le programme du président de la République, ont d'ores et déjà répondu présents. L'opposition a, pour le principe, fait entendre sa voix faible, mais, selon toute vraisemblance, sa colère ne dépassera pas ce seuil. Aujourd'hui, en effet, personne ne veut prendre le risque de susciter des troubles qui mettraient la stabilité du pays en danger.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed BADAOUI
Source : www.lexpressiondz.com