L’Algérie en passe de devenir un pays producteur ?
De pays de transit et de consommation de drogue, l’Algérie craint de devenir aussi, sur le «modèle marocain», un pays producteur depuis la découverte, ces dernières semaines, de cultures sauvages d’opium et de cannabis dans le Sahara algérien.
Des narcotrafiquants étrangers et algé-riens tentent d’implanter, aux confins sahariens, un «modèle» substituant la drogue aux cultures traditionnelles moins lucratives, afin de ne plus dépendre de leurs fournisseurs marocains et de maîtriser les prix, affirment des experts de l’Office de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT). Au Maroc, classés parmi les premiers producteurs mondiaux de cannabis, les paysans -notamment du Rif- sont réticents à abandonner la culture de cette plante malgré les aides européennes. «Le danger réside dans l’exportation vers l’Algérie du modèle marocain», souligne le directeur général de l’ONLDT, Abdelmalek Sayeh. Il craint que les paysans pauvres du désert ne deviennent des proies faciles entre les mains de puissants trafiquants, qui tentent de les inciter à abandonner leurs habitudes culturales ancestrales en leur faisant miroiter des perspectives de profits importants. Pour rappel, la gendarmerie nationale a détruit, en avril et mai, plusieurs champs de pavot et de cannabis dans la wilaya d’Adrar.
Selon la direction de la sûreté d’Adrar, la drogue y était cultivée depuis une vingtaine d’années pour la consommation personnelle, mais sa culture a pris de l’ampleur depuis quelques années sous l’impulsion des narcotrafiquants. De nouvelles zones productrices tournées vers l’exportation, sont aussi apparues au nord du pays à Blida, Alger, Mostaganem, Bejaia, Boumerdès, Tizi-Ouzou, selon M. Sayeh. «Il y a comme une volonté de calquer le modèle marocain», dit-il. «Un nouveau virage est pris, mais l’Algérie n’a pas encore atteint le stade de pays producteur», souligne Aïssa Kasmi, directeur de la coopération internationale à l’ONLDT. Par ailleurs, selon un bilan de la gendarmerie de Tipasa s’étalant sur le 1er semestre 2007, l’on apprend que plus de 100 kg de kif traité ont été récupérés.
Lors d’un point de presse, organisé hier par le Commandant du groupement de Gendarmerie de Tipasa. Le Commandant Nadjib Denia a expliqué que cette grande quantité, à savoir 108,683 kg de cannabis, a été récupérée sur différentes plages de la wilaya pratiquement au même moment, c’est-à-dire entre le 11 mars et le 3 avril. Le premier paquet découvert le 11 mars 2007 au niveau de la plage qui jouxte un camp de vacances à Gouraya contenait 27,215 kg de kif traité, un second d’un poids de 26,968 kg a été trouvé cinq jours après sur la plage Kouali de Tipasa, puis 15 jours plus tard, 30 kg ont été découverts au niveau du rivage de Bou Ismail. Enfin le 3 avril, un autre paquet de 24,500 kg a été signalé par un citoyen qui se promenait sur la plage d’El-Hamdania dans la commune de Cherchell. En plus de ces quantités rejetées probablement par la mer sur la côte
«tipasienne» en même temps que sur d’autres wilayas de la partie ouest du pays, les services de la gendarmerie ont, au cours d’opérations coup de poing organisées dans des quartiers bien ciblés de la wilaya, récupérés 1,4 kg de cannabis.
Par Djamila M.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com