Alger - Revue de Presse

«Dix millions de centimes», un film de Bachir Derrais



Récit d’une déchirure Premier long métrage de fiction, réalisé pour le cinéma, le film de Bachir Derrais relate un drame social avec pour toile de fond le triste épisode de la décennie noire qu’avait connue le pays. Réalisé en 2005, le film «Dix millions de centimes», dont le scénario a été écrit par Abdelkrim Bahloul avec le concours de l’écrivain Yasmina Khadra, est le récit de la déchirure d’un couple, d’une famille et partant de la société algérienne. Pour parvenir à payer les frais d’une opération chirurgicale urgente en vue de sauver son père gravement malade, le jeune Idir (Hichem Mesbah), ingénieur de son état et en chômage, doit emprunter la somme de dix millions de centimes réclamés par un médecin du secteur public. Dans cette ville grouillant et bruyante, il se sentira subitement et désespérément seul. Après maintes et vaines tentatives pour amasser la somme d’argent requise, ses recherches le conduiront en dernier recours vers Salah, un ancien ami et affairiste véreux qui a réussi dans la vie. Salah accepte de lui prêter l’argent nécessaire. L’opération chirurgicale réussit, le père d’Idir se rétablit. Mais Salah exigera d’Idir, en guise de remboursement de la dette qu’il ne peut honorer immédiatement, de s’enrôler dans les rangs du terrorisme et de confectionner des bombes qui serviront à déchiqueter des enfants. Le cauchemar commence alors pour Idir qui doit subir le chantage à l’encontre de ses principes et de sa relation amoureuse avec Samira (Albane Fioretti), sa promise. A travers cette sombre mésaventure qui nous replonge dans une page douloureuse de l’histoire de l’Algérie et avec l’insertion dans le film de photos d’archives insoutenables, Bachir Derrais tente de disséquer la société algérienne pour mettre en exergue et faire le procès de certaines de ses failles, notamment des tabous sans fondement, le problème du chômage, un système de santé injuste qui ne profite qu’aux nantis, une politique salariale incohérente et pleine de disparités, qui continuent aujourd’hui encore à miner le quotidien des Algériens. La direction et la prestation des comédiens ont été admirables. Mais on ne comprendra pas pourquoi les élèves de l’école primaire reprennent, en chœur et sous la houlette de leur institutrice (Nadia Samir), une leçon d’anatomie entièrement en français.
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