Il paraît clair que pour le mouvement populaire la partie est loin d'être jouée au vu du dispositif sécuritaire déployé hier à Alger et ses alentours. C'est même indéniable de reconnaître que le malaise perdure tout autant qu'avant la tenue de l'élection présidentielle du 12 décembre dernier, en constatant tout ce renforcement du dispositif qui en dit long sur les intentions du pouvoir.Hier encore, les Algériens ont été fort nombreux à occuper la rue pour le 44e vendredi de mobilisation, bravant ainsi toutes les entraves et autres tentatives d'intimidation d'un pouvoir qui se noie dans ses contradictions.
Les Algériens sont conscients des man?uvres, et que c'est même peine perdue que d'essayer de les duper. Raison pour laquelle les autorités semblent avoir pris les devants en renforçant le dispositif sécuritaire pour empêcher l'affluence d'une grande foule vers Alger, comme ils ont empêché un grand nombre de manifestants de se rendre à Oran.
À Alger, la place des Martyrs, la Grande-Poste ainsi que la rue Asselah-Hocine, en remontant Didouche-Mourad jusqu'au Sacré-C?ur étaient investies par des policiers en civil et des forces anti-émeutes, sur le qui-vive tout au long de la marche, mais sans pour autant intervenir.
Ce 44e vendredi de mobilisation a vu pourtant des centaines de milliers de citoyens braver toutes les contraintes pour "manifester leur colère", "revendiquer leurs droits" et dire "leur refus de se voir imposer un président".
Ils n'ont pas manqué aussi de rappeler aux forces de l'ordre que "c'est lâche d'user de toute cette violence contre leurs frères", en scandant des slogans d'encouragement et rendant hommage aux hirakistes oranais qui ont subi vendredi dernier une violence sans précédent.
Du côté Est d'Alger, les accès vers la capitale ont été également bloqués. Le rétrécissement des passages au niveau des barrages de gendarmerie, qui font passer les voitures au compte-goutte, est une manière de dissuader les potentiels manifestants de se rendre à Alger.
Les bus et les fourgons ne sont pas épargnés par une fouille minutieuse et certains ont été sommés de rebrousser chemin. "Ce n'est pas la première fois que les autorités prennent les devants pour empêcher les hirakistes de rallier Alger", témoignent des citoyens à travers des vidéos postées hier sur les réseaux sociaux.
"Nous sommes contraints depuis quelques semaines de venir les jeudis soir et passer la nuit sur des cartons ou, pour les plus chanceux, dans des petits hôtels pour pouvoir être présents le vendredi", raconte Mahmoud, qui se déplace de Boudouaou à Alger tous les vendredis depuis le 22 février dernier sans jamais en rater un.
Ce n'est pas le cas de Meziane qui habite à Tizi Ouzou et d'autres qui viennent de plusieurs autres villes de Kabylie. "Souvent on nous a renvoyés, mes amis et moi. Nous avons failli être arrêtés à plusieurs reprises à cause des drapeaux. Ces dernières semaines nous ne les rapportons plus avec nous, mais nous les récupérons chez un ami à Alger qui nous les garde", a-t-il confié.
Rien n'arrête les Algériens, comme ce hirakiste qui, lors d'un vendredi révolutionnaire, a regardé un policier droit dans les yeux et lui a lancé : "Avec ton arme, ta matraque et ta bombe lacrymogène, tu n'auras pas raison de moi. Je serai toujours plus fort que toi car moi je ne suis pas aux ordres. Peu importe ce qui m'arrivera, muni seulement de mon amour pour une Algérie républicaine, je ferai en sorte de faire triompher la liberté."
Nabila SaIdoun
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nabila SAIDOUN
Source : www.liberte-algerie.com