Les députés algériens ont demandé un «dispositif» capablede protéger l'économie nationale des «effets néfastes» de la crise financièremondiale.
On peut accorder à ces députés inquiets le bénéfice de lasincérité, mais on ne voit pas quel «dispositif» pourrait être pris par legouvernement pour nous épargner ces effets néfastes. Il y a la réduction desdépenses, bien sûr - et les récentes hausses de la solde des députés n'en ontpas été un bon exemple - et sans doute une réévaluation à des niveaux plusmodérés des investissements dans les infrastructures...
Mais l'Algérie ayant une économie totalement dépendante deshydrocarbures, elle ne dispose pas de beaucoup de leviers permettant de mettreun dispositif de protection. Le prix du pétrole - qui baisse, qui baisse... - nedépend pas de nous. Et même si nous faisons partie de l'Opep,notre poids y est très relatif par rapport au poids lourd saoudien. On en a euun aperçu récemment. Un dispositif de protection même relatif serait plusaisément imaginable si nous avions une économie diversifiée et nonexclusivement fondée sur l'exportation des hydrocarbures et de l'importation depratiquement tout ce dont on a besoin. C'est donc tout naturellement en termesd'années d'importations que permettent nos réserves de change que nousraisonnons.
Cette totale dépendance à l'égard du pétrole, on ne cessed'en avoir le reflet dans les rapports internationaux. Dernier en date, celuidu classement de la compétitivité internationale publié chaque année par leForum économique mondial de Davos. On se découvre, sans grande surprise, à la 99eplace, très nettement distancés par la Tunisie, quatrième dans le monde arabe et 35e auniveau mondial. Les Tunisiens n'ont pas beaucoup de pétrole, ceci explique cela...On est loin aussi du Maroc (73e), mais également de la Syrie (78e) et aussi d'unpays pétrolier comme la Libye(91e).
Certes, de nombreux experts discutent de la fiabilité desméthodologies du classement d'un forum chantre d'un ultralibéralisme qui metl'économie mondiale dans la pire crise qu'elle ait connue depuis 1929. Mais ceclassement - combiné à d'autres comme le Doing Business ou celui de Transparency- dresse un portrait juste de notre économie. Une économie est compétitivequand ses structures sont solides, quand la qualification de sa main-d'oeuvreest élevée, quand son administration marche au lieu d'entraver et quand leposte de Recherche et Développement fonctionne bien.
C'est sans doute cela le vrai «dispositif» de sûreté d'uneéconomie et il faut bien constater que nous ne l'avons pas. Nos retards dansces domaines sont lourds et il est improbable qu'ils puissent être rattrapéssur des temps courts. Il ne nous reste qu'à suivre les cours du pétrole et àsouhaiter des météos inclémentes dans les pays industrialisés pour conforterune demande qui commence à s'effriter...
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com