Les Aârchs divisés
Alors que le mouvement citoyen des Aârchs de Kabylie s’apprête à commémorer le cinquantenaire du Congrès de la Soummam, des divergences apparaissent ces derniers jours dans les rangs de cette structure.
Des délégués les plus en vue se sont exprimés notamment sur le dialogue et les relations des Aârchs avec les pouvoirs publics représentés par le chef de l’exécutif, M. Abdelaziz Belkhadem, faisant ressortir des divergences d’appréciation qui dénotent que rien ne va plus au sein des Aârchs. Quelques jours seulement après la visite effectuée par Abdelaziz Belkhadem en Kabylie, Mustapha Mazouzi a, sur les colonnes du Jour d’Algérie, carrément renvoyé le chef du gouvernement à ses responsabilités quant à la continuité de la situation actuelle. «On a une double casquette» et «on est tenté de tirer les dividendes de ce dialogue au profit de son propre parti», déclarait-il. A la question de savoir si le chef du gouvernement a émis des signaux positifs lors de sa récente tournée en Kabylie, Mazouzi répondra par la négative avant d’asséner: «Bien au contraire, nous avons été très déçus par le discours développé par Belkhadem...»
La fin de l’interview est encore plus claire, car le délégué de la CADC n’a pas hésité à dire que «la patience a des limites» et que «la population attend du concret» étant donné que «la phase des engagements» est maintenant dépassée.
«Nous exigeons que l’accord définitif soit signé avant l’entame du référendum», dira-t-il encore.
De son côté, le délégué de Béjaïa, Bezza Benmansour, s’est montré plus serein. Il déclarait jeudi, dans un entretien accordé à l’Expression, que «l’actuel chef du gouvernement a déclaré sans ambages lors de la dernière rencontre avec la délégation du MC à Alger son engagement à honorer et mettre en œuvre tous les engagements pris par l’Etat dans le cadre du dialogue portant mise en œuvre de la plate-forme d’El kseur». «Sur le plan de la position de principe de l’Etat par rapport au processus de dialogue, il n’y a aucun changement depuis la signature du protocole d’accord le 15 janvier 2005. Reste maintenant la concrétisation sur le terrain des résultats annoncés lors des différents comités de suivis», poursuivra-t-il en faisant remarquer toutefois que «la mise en œuvre de la plate-forme connaît un retard indéniable, pas seulement depuis la nomination de M. Belkhadem à la tête de l’exécutif». Le MC attend la signature de l’accord final pour passer au stade du suivi des applications sur le terrain», déclarait-il encore.
Ce sont là donc deux sorties médiatiques qui ont leur pesant d’or dans le champ des revendications des Aârchs et il en ressort que, concrètement, le règlement de la crise en Kabylie bute sur de nouvelles embûches. Toujours est-il, l’université d’été qui s’ouvre aujourd’hui à la résidence universitaire ne manquera pas d’apporter d’autres révélations à ce sujet...
Ali Karimou
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com