Alger - Revue de Presse

Devoir de mémoire



Il y a 50 ans, l’exécution de Zabana L’évocation, 50 ans après, de la monstrueuse exécution du chahid Ahmed Zabana est marquée par de nombreuses manifestations, programmées notamment dans la wilaya de Mascara. L’Algérie révolutionnaire se remémore donc aujourd’hui l’un de ses meilleurs fils, le chahid Ahmed Zabana qui avait été conduit à l’aube du 19 juin 1956 à la guillotine, alors que fusaient des cellules «Allah Akbar» et «Tahia El Djazaïr». Cela s’est passé dans la cour de la prison de Serkadji, située à proximité du mythique quartier de la Casbah d’Alger, sous le regard de son compagnon Ferradj Abdelkader, qui avait été obligé d’assister au supplice, pieds et mains liés, avant de passer à son tour sous le tranchant de la mécanique des tortionnaires. Zabana avait 30 ans quand il était tombé aux mains assassines de ses futurs bourreaux, au cours d’un accrochage dans la région de Sig, lui qui avait été parmi les premiers à avoir adhéré à l’idée de prendre les armes. Le héros avait justement pour consigne d’attaquer des points stratégiques dans la région de Sig et Mostaganem, harcelant ainsi avec ses compagnons, pendant des jours, les objectifs ennemis.Blessé dans l’accrochage de Sig, Zabana a refusé l’aide de ses compagnons qui voulait l’éloigner du champ de bataille. Il a tiré son pistolet de son étui et visé sa tempe pour libérer ses djounoud qui devaient ainsi, l’ayant cru mort, se replier. Mutilé et laissé sans soins pendant une longue période, ses blessures n’ont pas empêché le tribunal permanent des forces armées coloniales de le condamner à mort, condamnation à travers laquelle les colons entendaient «extirper tout germe patriotique au sein du peuple algérien». Selon Me Benbraham, une avocate qui s’est intéressée au procès du chahid et les conditions de sa monstrueuse exécution, c’est avec sérénité qu’Ahmed Zabana avait accueilli ceux qui devaient le conduire à la guillotine. «Ne me touchez pas, devait-il s’écrier à la face des agents de l’administration coloniale, vous êtes impurs.» Zabana avait parallèlement exhorté ses compagnons à être courageux et avait rédigé auparavant une courte lettre à l’intention de ses parents dans laquelle il leur demandait de ne pas le pleurer. On notera aussi que sa dernière volonté de faire sa prière lui a été refusée, contrairement à la règle dans pareille situation n’était l’intervention de son défenseur, Me Zertal, qui avait alors protesté énergiquement. R.R
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