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« Développer la musique amazighe pour la faire connaître » Rencontre avec Belaïd El Akkaf, musicologue marocain



De retour au Maroc, il monte un groupe de musique en 1972 en compagnie de Ammouri Mbarek, Yazid Qorfi, Tariq El Maaroufi, Saïd Bijaaden, et Boutroufine. Ce groupe est dénommé « Oussmane » (Eclairs). Cette même formation se fait précurseur de la musique amazighe, puisqu'elle donnera naissance à d'autres groupes berbères qui vont s'illustrer au cours des années 1970. Belaïd El Akkaf est actuellement professeur de musique à l'Institut supérieur d'art dramatique et d'animation culturelle, et il est également chercheur à l'Institut royal de la culture amazighe à Rabat. L'une des 'uvres musicales remarquables de Belaïd El Akkaf reste la première symphonie amazighe. Construite en quatre mouvements, allegro, adagio, menuet et final, cette composition dure une quinzaine de minutes. Le compositeur ne s'est pas éloigné du patrimoine musical amazigh au niveau du rythme et des arrangements, puisqu'il a puisé dans le répertoire national. Il a ainsi repris des mélodies et des rythmes de la musique amazighe et des pays africains limitrophes, tels que le Mali et le Niger. Vous venez de décrocher la médaille d'or de mérite pour l'ensemble de vos 'uvres, notamment votre album « Moroccan musical journey from Tanger to Lagouira », un mot sur cette distinction 'En effet, le comité national de la musique m'a remis la médaille d'or de mérite, en guise de reconnaissance aux hommes de valeur. J'étais élu l'an dernier en tant que personnalité de l'année 2012. C'est une fierté pour moi que l'on reconnaisse mon 'uvre. Vous avez souligné, lors de votre passage à Alger lors du Festival culturel international de la musique symphonique, qu'il est nécessaire de développer et de promouvoir la musique amazighe traditionnelle. Pourquoi ces recommandations '
Le développement de cette musique lui conférera une dimension universelle et la préservera de la déperdition en s'appuyant sur des bases scientifiques universelles. Autrement dit...
Beaucoup de choses ont été dites sur la musique amazighe traditionnelle, considérée comme une musique rudimentaire incompatible avec le développement et qui ne peut être transcrite, ni distribuée de manière à être interprétée par un orchestre symphonique. Partagez-vous cela '
Bien sûr que non. Les différentes recherches réalisées et les efforts déployés par les musiciens ont prouvé le contraire. Il est nécessaire de développer la musique amazighe pour la faire connaître aux autres cultures et de contribuer à sa promotion. Les puristes de la musique amazighe refusent ce procédé. En votre qualité de musicologue, que pourriez-vous répondre '
Conférer une dimension classique universelle à la musique amazighe par l'utilisation d'instruments modernes et traditionnels à la fois ne signifie aucunement l'éloigner de son authenticité, ni de son cachet particulier. Il s'agit d'un moyen d'ouverture sur les autres cultures qui consacre le principe de la compréhension culturelle mutuelle entre les peuples et préserve la diversité culturelle.
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