Le score aurait pu être plus lourd, si ce n'est la baraka des filets. Face à la Guinée, un petit pays anciennement colonisé par la France en 1891, peuplé par un peu moins de 10 millions d'habitants, couvrant une superficie de 10 fois moins l'Algérie, indépendant depuis le 2 octobre 1958, la « glorieuse équipe algérienne » a dû se rendre compte que la victoire est une question de sérieux et non pas de surface. Â Satisfait de la défaite jugée relative face à l'Argentine, le public algérois, quant à lui, a gardé l'espoir d'une remontée de son équipe nationale, à laquelle il s'accroche comme tous les peuples s'accrochent à leurs équipes nationales, dans cette inexplicable joie que seul le football sait donner. Â D'une part, un PIB/habitant de 3.443 USD pour l'Algérie, de l'autre, le même PIB avec 540 USD par habitant pour la Guinée. Mais là ne réside plus la véritable différence, car en football, comme ailleurs, seul le résultat compte. Et le résultat de notre politique sportive, si tant est que nous en ayons, ne peut être que le reflet de notre politique en général. Si tant est que nous en ayons. Â Nous finissons comme à chaque fois par comprendre que ce n'est pas faute de moyens, financiers, techniques ou d'infrastructures que notre sport est malade, que le pays est souffrant. Â Que le public algérien demeure figé dans l'attente d'une petite joie de temps à autre qui lui ferait oublier son désarroi, son chômage, la hogra qu'il subit au quotidien par des institutions qui répondent aux abonnés absents. Changer un gouvernement, un ministre, une fédération, est-ce suffisant pour relancer la croyance en un pays qui a besoin qu'on y croie pour gagner ? Et qui le premier est en charge d'y croire, si ce n'est ceux qui sont à la tête des décisions qui le concernent ? Â Remplissant les stades ou prostré devant sa télévision pour voir son équipe essuyer une défaite inattendue sur son propre terrain, l'Algérien est en droit aujourd'hui de demander des comptes sur les chemins empruntés par l'argent qui lui est déduit de ses revenus, lorsqu'il en a. Il est en droit de réclamer sa joie de voir son équipe enfin gagner, même de nuit. A quoi auront servi cette nuée de stades communaux de quartier surfacturés qui ont poussé comme des champignons, si ce n'est pour détecter quelques futures stars ? Qui a la charge d'évaluer l'impact de ces stades sur la qualité du football algérien, au lieu d'en faire des garderies pour faire oublier la contestation ? Qui ? Â Devons-nous continuellement nous agenouiller devant la fatalité pour accepter la succession des défaites sur notre propre terrain, tout comme nous l'avons fait dans d'autres secteurs ? Le temps ne plaide plus en notre faveur et les horizons doivent se rapprocher puisque nous ne pouvons plus les atteindre. Â En attendant, disons sportivement à la Guinée tout simplement bravo, au moins pour son sérieux !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ahmed Saïfi Benziane
Source : www.lequotidien-oran.com