Rédha Malek et Belaïd Abdeslam souffrants
L’ancien Premier ministre, Belaïd Abdeslem, a été victime, il y a quelques jours, d’un «malaise cardiaque» qui a nécessité son hospitalisation à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja.
Son état de santé demeure «très critique», selon une source qui a préféré garder l’anonymat. En retrait de la vie politique depuis son limogeage de la chefferie du gouvernement, au milieu des années 90, il se signalera pourtant par la publication d’un livre qui fera alimenter une série de controverses et de polémiques, notamment avec les généraux Nezzar et Touati ainsi que l’institution militaire qu’il avait accusée de l’avoir viré de son poste sans aucune justification. Belaïd Abdeslam a été désigné Chef de gouvernement au lendemain de l’assassinat du président Boudiaf en juin 1992. Il y restera jusqu’à 1994, avant d’être remercié. Le gouvernement Abdeslam avait inauguré ce qu’il a appelé «l’économie de guerre». La production industrielle régressait, alors, principalement dans le bâtiment. Le pays était au bord de la faillite. Il refusera pourtant de procéder à un rééchelonnement de la dette extérieure estimée à 25 milliards de dollars comme souhaité par le FMI. Belaïd Abdeslam a conduit une politique de plus en plus nette de retour à l’économie administrée des années 1970, aboutissant à des résultats négatifs dans l’ensemble des domaines.
Un autre ancien Premier ministre, Rédha Malek, a été également hospitalisé dans une clinique parisienne à la suite d’une intoxication alimentaire contractée lors de son séjour en territoire sahraoui, en décembre dernier. Son état de santé «est stationnaire», selon la formule classique utilisée par le corps médical.
Mais, selon une autre source, son état de santé est des plus «préoccupant» compte tenu de son âge avancé. Rédha Malek a été nommé au poste de Premier ministre en 1993, en remplacement de Belaïd Abdeslam justement. Actuellement président de l’Alliance nationale républicaine (ANR), il faisait partie de la délégation algérienne qui a négocié en 1962 les accords d’Evian. Encore en activité, le successeur de Belaïd Abdeslam à la chefferie du gouvernement était l’invité du Polisario en décembre dernier pour assister au congrès du parti sahraoui.
L’auteur de la formule restée célèbre, «la peur doit changer de camp», n’a jamais fui le débat, puisqu’il lui arrivait de donner son point de vue sur tel ou tel sujet en assumant pleinement ses choix politiques qui ne plaisaient pas souvent à ses amis du même bord politique. Républicain et démocrate jusqu’au bout des ongles, il n’hésitait pas à reconnaître ses erreurs politiques, notamment en ce qui concerne l’islamisme politique qu’il a fini par accepter comme un courant au même titre que les autres formations politiques.
Saïd Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com