Alger - A la une

Destination parallèle



L'été venu, les Algériens se mettent en quête d'un «plan vacances», dans lequel l'Algérie n'a pas la première place, quand elle en a une. «A comparer entre les prix, les prestations et la qualité des offres et du séjour, ça revient moins cher d'aller passer de véritables vacances en Tunisie ou en Turquie, et même en Espagne», soutiennent de nombreux citoyens. Et si les touristes locaux sont insatisfaits, comment peut-il en être autrement des étrangers qui ont plus de ressources, offres et opportunités ' D'ailleurs, il y a belle lurette qu'on ne voit plus ces groupes de touristes étrangers que l'Algérie recevait dans les années 1970-1980. Aujourd'hui, les complexes touristiques du Nord et les hôtels du sud algérien tournent au ralenti avec des taux de remplissage désespérément bas. Pourtant, le tourisme est depuis plus d'une décennie un secteur économique, porteur. Beaucoup de pays misent dessus, y investissent et se sont même employés à diversifier l'offre en «inventant» de nouveaux créneaux. On parle désormais de tourisme vert, culturel, 3e âge' alors qu'en Algérie on en est encore et toujours à la relance du secteur qui peine à démarrer. Le gouvernement a bien lancé, en 2008, un plan d'orientation de l'aménagement touristique qui s'inscrit dans la politique de développement du tourisme en Algérie à l'horizon 2030 et dont l'objectif principal n'est rien moins que l'inscription de la destination Algérie en bonne position sur la carte régionale et mondiale. Des centaines de milliards de dinars sont mobilisés pour la réalisation de projets touristiques devant renforcer le parc hôtelier, la modernisation des établissements hôteliers, publics et l'amélioration de la qualité des prestations. Mais quatre ans après le lancement de ce plan, d'orientation de l'aménagement touristique, on en est encore au même point. Certes, on a construit et rénovés des hôtels, mais nos plages sont toujours polluées et ne soutiendraient pas la concurrence avec pas même celles de notre voisin de l'Est. On parle de classification - par l'administration et non la corporation - des hôtels et des restaurants alors qu'Alger même, la capitale, devient une ville morte à partir de 20 heures. Comment peut-on prétendre mettre le produit touristique, algérien aux normes internationales et attirer le touriste quand rien n'est fait pour améliorer son environnement ' Est-il besoin d'attendre l'année 2014 pour procéder comme prévu à l'évaluation de ce plan ' La première chose qu'on apprend dans le domaine du tourisme est qu'«un touriste gagné, c'est dix de gagnés, mais un de perdu, c'est cent de perdus». Aussi, au lieu de s'empresser de participer en force à tous les salons de tourisme dans le monde avec l'idée de vendre la «Destination Algérie», les responsables du secteur seraient mieux inspirés de se mettre en phase avec la réalité du terrain et travailler en conséquence, au risque de perdre des touristes avant même de les avoir gagnés.
H. G.
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