Alger - Revue de Presse

Des sources évoquent une note confidentielle du chef du gouvernement



Dissolution programmée des 19 EPLF L’Etat est, semble-t-il, plus que jamais décidé à dissoudre les 19 EPLF réparties sur le territoire national. Les récentes décisions, annoncées par le gou- vernement Ouyahia, concernant la dissolution des 19 EPLF, font craindre le pire aux quelque 2.500 travailleurs qui ne savent pas sur quel pied danser. La rumeur, qui a vite fait de prendre le relais sur l’officiel, a fait notamment réagir certains cadres gestionnaires qui ne comprennent pas pourquoi les pouvoirs publics «mettent autant de zèle» à appliquer une décision aussi grave et sans prendre la peine de «consulter les principaux concernés», à savoir les directeurs des 19 entités. Ces derniers, contactés au téléphone, ont tous attesté «n’avoir rien reçu» pour l’instant, une instruction ou autre décision quant à l’avenir de leur entreprise. En effet, des informations fort insistantes et relayées par la presse font état notamment d’une note interne et confidentielle qu’aurait adressée le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, au ministre des Finances afin de diligenter sans délai l’Inspection générale des finances (IGF) pour la réalisation d’un audit de l’ensemble des EPLF en matière de biens immobiliers, mobiliers et d’avoirs financiers. Dernièrement, l’IGF a bien enquêté sur l’EPLF de Boumerdes. Ses conclusions se sont avérées positives, selon un cadre dirigeant de ce groupe immobilier. Les enquêteurs ont relevé deux petites anomalies, sans grande importance sur le fonctionnement de l’entreprise, a ajouté cette source qui ne comprend pas cet acharnement du ministre de l’Habitat, Noureddine Moussa, qui était pourtant un cadre supérieur de l’entreprise. «Il s’agit de l’affectation de 5 bungalows à un haut responsable du FLN et de 3 autres à un haut fonctionnaire de l’Etat». Découragés, mais certes attentifs à tout ce qui touche cette question, certains P-DG mettent tous en évidence la manière peu orthodoxe avec laquelle ce dossier a été traité au plus haut niveau. «De prime abord, ont-ils fait remarquer, nous avons la très nette conviction que le président Bouteflika a été très mal informé de la situation actuelle des EPLF. Sinon, comment interpréter cette décision prise à la va-vite et sans consultation des dirigeants de ces entreprises. Enfin, nous pensons que cette décision (de dissolution) est anti-nationaliste et antiéconomique du moment qu’on veut achever un des fleurons de la construction. Aussi, nous sommes en droit de nous poser cette question: A qui profite la dissolution des 19 EPLF?» Et c’est tout naturellement si on pointe du doigt les groupes nationaux privés et étrangers qui vont bénéficier ainsi d’un «véritable coup de pouce» de la part du gouvernement si la décision venait à se confirmer réellement. Déjà que ces groupes bénéficient des largesses de l’Etat en terme d’avantages fiscaux et parafiscaux au moment où les EPLF ne «bénéficient d’aucune subvention de l’Etat» et subissent le «diktat de la CNEP» qui bloque «les financements pour mettre en difficulté certaines EPLF». Pour ces dirigeants, l’émergence de groupes privés et étrangers est derrière cette «manipulation» qui risque fort, selon eux, «de pénaliser le cadre algérien du moment qu’il sera désormais contraint d’acheter sa maison chez ces groupes mais au prix fort». Concernant les informations distillées par voie de presse et faisant état «d’attributions douteuses», certains directeurs généraux ont eu tous cette même réflexion: «On n’attribue pas, on vend. Mais s’il existe le moindre soupçon, les services de sécurité sont les plus aptes pour dénicher les responsables auteurs de telles pratiques». Tout comme ils ont tenu, d’ailleurs, à démentir une quelconque enquête diligentée par les services de sécurité. En attendant, et avant que les pouvoirs publics ne prennent cette décision, la majorité des P-DG est aujourd’hui unanime à dire que si c’est «leur départ» qui est souhaité, ils sont prêts à «céder leur place» à condition que l’outil de travail soit «préservé et consolidé». Les enquêteurs de l’Inspection générale des finances (IGF) n’ont pas encore investi les lieux pour établir leur rapport d’enquête qui sera ensuite transmis au chef du gouvernement qui le fera transmettre à son tour au président Bouteflika. Les P-DG des 19 EPLF possèdent encore une chance de voir leur outil de travail préservé en la personne de l’actuel Chef du gouvernement qui est, selon eux, «un fervent défenseur du secteur public». Ces derniers n’ont pas oublié que c’est le même personnage qui a, il y a deux ans, soutenu que «les EPLF méritent un meilleur sort à condition que l’Etat se charge de les assainir financièrement». Saïd Farhi
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