Le gouvernement envisage de subventionner les prix de plusieurs produits de grande consommation. Le lait en poudre, les légumes secs, l'huile et le concentré de tomate sont les produits retenus par le ministère du Commerce pour d'éventuels soutiens étatiques. Les subventions pourraient intervenir sous forme de réductions de droits de douane et de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) sur ces produits en majorité importés. « Le ministère du Commerce a proposé au gouvernement de soutenir ces produits de grande consommation à travers la réduction de la TVA et des droits de douanes », affirme une source officielle. Le gouvernement n'a pas encore tranché la question. Mais, le principe de stopper la hausse des prix des produits proposés par le ministère du Commerce a été retenu, ajoute la même source. Contacté, le groupe Cevital, principal producteur d'huile de table du pays, se réjouit du projet du gouvernement de subventionner le prix de l'huile. L'autre mesure envisagée par le gouvernement de faire face à l'envolée des prix de grande consommation est la création d'offices spécialisés dans l'importation et la distribution de la matière première. Comme pour les céréales et le lait, le gouvernement veut créer des organismes pour pouvoir influer sur les prix, suivre les cours des matières premières sur les marchés mondiaux et anticiper sur les conséquences des hausses des prix sur le marché national. L'idée ne fait pas sourire les patrons qui redoutent le retour aux monopoles de l'Etat sur le commerce extérieur. Toutefois, le gouvernement reste désarmé face à l'envolée des prix des produits agricoles sur le marché mondial. L'agriculture nationale n'arrive pas en effet à sortir de la crise pour assurer l'autosuffisance alimentaire. La hausse des prix de l'huile de table et des légumes secs pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des Algériens, déjà affectés par la flambée des fruits et légumes (pomme de terre, tomate, etc.) et d'autres produits de grande consommation comme le lait et la semoule, pourtant subventionnés par l'Etat. Le prix de l'huile brut a pratiquement triplé en un an. Il est passé de 600 dollars la tonne en mars 2007 à 1.800 dollars en janvier 2008, selon des patrons. Cette augmentation a entraîné des hausses de l'ordre de 200 dinars du prix de l'huile de table sur le marché national. Le bidon de 5 l est passé en quelques mois de 400 dinars à 600 dinars. « Et risque d'atteindre 800 dinars si l'Etat n'intervient pas », avertit le patron d'une petite raffinerie d'huile. En plus des conséquences sur le pouvoir d'achat, cette hausse risque d'être fatale aux petits producteurs d'huile de table et provoquer des pertes d'emplois. L'Algérie importe l'essentiel de ses besoins de produits de consommation. En 2007, la facture d'importation des produits alimentaires a avoisiné 4.7 milliards de dollars, selon les données officielles. Le taux d'inflation aurait avoisiné 10 %, selon des sources patronales.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Hamid Guemache
Source : www.lequotidien-oran.com