Alger - Revue de Presse

Des édifices publics incendiés et plus de 100 personnes interpellées



émeutes à Chlef et Chettia La ville de Chlef a connu hier un large mouvement de contestation populaire, et ce, douze jours après que des émeutes ont secoué une autre ville de l’Ouest, Gdyel, où des édifices publics ont été complètement saccagés. Dans la ville de Chlef, la colère aurait pris source à cause du jugement du président de la coordination des cités en préfabriqué de la wilaya de Chlef, Mohamed Yacoubi, qui était poursuivi en justice par le wali pour ses déclarations sur le dossier des aides qui devaient être octroyées aux sinistrés du séisme de 1980. Il était donc midi, hier, quand un mouvement de révolte s’est déclenché, des émeutiers s’en étant pris aux édifices publics. Les émeutiers ont investi les rues au moment où l’on ne s’y attendait pas et le service d’ordre a vite fait de commencer par boucler le siège de la wilaya, en attendant les renforts nécessaires.Cela dit, il y a lieu de noter que les foules contestatrices étaient constituées surtout de jeunes chômeurs qui ont profité de la situation pour aller mettre le feu à la poste du centre-ville de Chlef, la poste des frères Abbas, au musée situé également au centre-ville et dont la réception remonte à moins de 3 ans, à l’annexe de l’APC située à la cité Salam, au Centre de Formation professionnelle situé à la cité Arrouche, au siège de l’Energie et des Mines et les services de l’agriculture, aux sièges de Mobilis et Nedjma situés tous deux au centre-ville ainsi qu’au tribunal où le représentant du ministère public avait requis 5 années de prison ferme contre le président de la coordination des cités en préfabriqué de la wilaya de Chlef. A la poste de Chlef, les manifestants, apprend-on, se sont emparés de l’argent des clients après avoir malmené des fonctionnaires dont certains ont été blessés. Les sièges d’Algérie poste et des banques comme le Crédit populaire national ont été soumis au pillage. Le CEM Beleulmi et l’université Hassiba Ben Bouali n’ont pas échappé à la vindicte puisqu’ils ont été incendiés. Les propriétaires des commerces ont dû, eux, baisser rideau craignant pour leurs locaux. Les manifestants ont aussi arraché les feux tricolores au centre-ville de Chlef ainsi que les panneaux de signalisation et les issues menant au centre-ville ont été bloquées, les manifestants les ayant barricadées à l’aide de pierres et même de poteaux électriques, abattus. A la cité Ez-Zeboudj et à celles de Haï Essalem et Haï Arroudj, des écoles ont été incendiées. Les dégâts matériels sont ainsi énormes et il a fallu l’arrivée des renforts, les forces anti-émeutes, pour freiner la rage des manifestants en les dispersant et en procédant à plus de cent interpellations selon des sources dignes de foi. La situation a été donc maîtrisée vers 15 heures. Mais la colère devait se déplacer à Chettia où il y a eu également beaucoup de dégâts. Les manifestants s’en sont pris, là aussi, à plusieurs édifices publics dont la poste qui a été incendiée et pillée, l’annexe de l’APC située à Haï El-Karia et le siège des Impôts, également incendiés. Il y a lieu de rappeler ici que la grogne des Chélifiens, en ce qui concerne le dossier des logements en préfabriqué réalisés au lendemain du séisme du 10 octobre 1980 et leur remplacement par des constructions en dur, prenait de l’ampleur depuis plusieurs mois et d’aucuns prédisaient des glissements dangereux. Les concernés n’ont eu de cesse de réclamer des aides financières d’un million de dinars, accordées par l’État dans le cadre de la Loi de finances de 2007, à chacune des familles sinistrées, «avant d’être inexplicablement annulées dans la Loi de finances de 2008", apprend-on. Cette question a été alors prise en charge par des parlementaires du RCD d’Alger, ce qui a fait réagir le commun des citoyens concernés par le problème en s’interrogeant sur «ce à quoi servent alors les députés de la wilaya qui connaissent mieux la situation». «C’est une bataille acharnée que nous menions depuis des années et qui ne prendra fin qu’après satisfaction de nos revendications et de notre droit légitime», déclarait tout récemment un citoyen de Chlef. «Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de notre mission. Et le 27 avril prochain, nous serons également nombreux à assister au procès de notre représentant, Mohamed Yacoubi, poursuivi pour avoir fait diverses déclarations à propos du dossier en question», lit-on dans l’édition du 24 avril, propos tenus par des membres de la coordination des sinistrés des différents quartiers et localités de la wilaya de Chlef. A noter enfin que, peu après 18H30, l’affrontement des émeutiers avec les forces de l’ordre prenait une autre dimension, plus particulièrement à Haï Arroudj. L’intensité augmentait même d’un cran et des sources avançaient vers 19H30 que des émeutiers ont tenté de s’attaquer au groupement de la gendarmerie nationale. Il a donc fallu faire appel à plus de renfort pour maîtriser complètement la situation. M. Yazid & F. Kadache
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