Alger - A la une

Des députés plaident pour le report



L'Assemblée populaire nationale a débattu, hier mardi, en plénière, le tant controversé projet de loi sur les hydrocarbures, en prévision de son adoption par les députés, le 14 du mois courant.M. Kebci - Alger (Le Soir) - Le président de la Chambre basse du Parlement, qui ouvrait cette plénière, a affirmé que «l'Algérie a besoin, dans cette conjoncture, d'écouter ses experts et compétences afin de préserver les véritables intérêts du peuple et de l'Etat ». Pour Slimane Chenine, qui intervenait face à une faible assistance, à peine une centaine de députés, «l'ère des intérêts personnels aux dépens de l'intérêt général est révolue».
Lors de cette plénière, une soixantaine de parlementaires devaient intervenir, dont notamment les indépendants qui ont choisi de se mettre du côté du peuple ont brandi, dans les travées de l'hémicycle parlementaire, des pancartes sur lesquelles on pouvait lire, entre autres mots d'ordre, «l'Algérie n'est pas à vendre ». Pour ces parlementaires, les circonstances dans lesquelles est présenté le projet de loi sur les hydrocarbures sont douteuses, à «quelques semaines du scrutin présidentiel hypothétique sur lequel misent fortement les tenants du pouvoir contre la volonté populaire ». Pour les députés Belkacem Benbelkacem et Brahim Bennadji, la loi sur les hydrocarbures est de nouveau remise sur le tapis dans un «contexte politique et institutionnel particulier. Elaboré avec l'implication non cachée des cabinets appartenant aux grandes puissances, cette loi est à sa troisième modification pendant le règne de la « issaba», ce qui justifie les errements dans la gouvernance de cette dernière».
Ce duo parlementaire estime que «l'empressement des autorités provisoires du pays, rejetées par la majorité du peuple en pleine révolte populaire pacifique depuis 9 mois, et le cachet de l'urgence qui caractérise ce projet suscitent au sein de l'opinion publique nationale moult suspicions. A quelques semaines d'un scrutin présidentiel hypothétique sur lequel misent fortement les tenants du pouvoir contre la volonté populaire, la promulgation de cette loi est perçue comme une décision qui vise à obtenir des garanties ou des contreparties politiques. Nul ne peut convaincre le citoyen qu'il ne s'agit pas de bradage de nos ressources et d'une atteinte à la souveraineté nationale».
Par ailleurs, les groupes parlementaires du triumvirat islamiste Nahda-Adala-Binaa, auquel appartient le président de la Chambre basse du Parlement, du Front el Moustaqbal et du MSP, plaident pour le «report» de ce projet de loi après l'élection présidentielle du 12 décembre prochain au motif que ce projet de loi "souverainiste et, de ce fait, suscite toutes nos craintes qu'il permette des concessions aux partenaires étrangers si jamais il venait à être adopté à cette vitesse», soutient Ahmed Sadouk.
A la mi-journée, cette plénière de l'Assemblée populaire nationale, qui a coïncidé avec le 37e mardi de la contestation estudiantine en soutien au mouvement populaire, a été perturbée par le passage, près de l'édifice parlementaire, du cortège des étudiants renforcés comme de coutume par de nombreux citoyens.
M. K.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)