Plus d'une centaine d'éminentes personnalités du monde entier viennent de
lancer un appel à la constitution d'un Tribunal Russel sur la Palestine chargé
d'examiner les violations du droit international dont est victime le peuple
palestinien et qui le privent d'un Etat souverain.
Selon les signataires de cet appel, dont des Algériens, Ahmed Ben Bella,
Ahmed Bedjaoui, Mohamed Harbi, et Leila Shahid, Ken Coates, Boutros Ghali, Eric
Cantona, etc., ce tribunal fonctionnera dans les mêmes règles de rigueur
absolue que celui qui a siégé sur le Vietnam, sous la présidence de Jean-Paul
Sartre en 1967.
L'appel souligne en outre que
l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice de La Haye, le
09 juillet 2004, résume l'ensemble des violations du droit international et
conclut notamment à l'obligation pour Israël de démanteler le mur et de réparer
tous les dommages causés à la population palestinienne du fait de sa
construction.
Les signataires rappellent que
cet avis a été confirmé le 20 juillet 2004 par la résolution ES-10/75 de
l'Assemblée générale de l'ONU, adoptée par 150 Etats membres. Cette résolution,
note l'appel, exige qu'Israël, puissance occupante, s'acquitte de ses
obligations juridiques telles qu'elles sont énoncées dans l'avis consultatif et
que tous les Etats membres de l'Organisation des Nations unies s'acquittent de
leurs obligations juridiques telles qu'elles sont énoncées dans l'avis
consultatif.
«En s'appuyant, notamment sur cet
avis et cette résolution, le Tribunal Russel sur la Palestine réaffirmera la
primauté du droit international comme base de règlement du conflit
israélo-palestinien. Il se chargera d'identifier les manquements à
l'application de ce droit et d'en condamner tous les auteurs devant l'opinion
publique internationale», lit-on dans cet appel.
Le Tribunal Russel n'a aucun
caractère légal mais agit comme un tribunal populaire des consciences face aux
injustices et aux violations du droit international qui ne sont pas prises en
compte par les juridictions légales internationales ou qui, quand elles le
sont, continuent de se perpétrer en toute impunité du fait du manque de volonté
politique de la communauté internationale.
Selon ses signataires, cet appel
a rencontré un très grand succès. Plusieurs personnalités prestigieuses l'ont
déjà signé. D'anciens dirigeants politiques de haut rang, des prix Nobel de
littérature et de la paix, des cinéastes, de grands musiciens et sportifs
célèbres, des juristes internationaux, etc. soutiennent l'initiative. Un comité
organisateur international (COI) a été mis en place. Il est constitué de
grandes personnalités de divers pays dont l'Algérien Brahim Senouci. Un appel à
parrainage a été lancé par Ken Coates, président de la fondation pour la paix
Bertrand Russel, par Nurit Peled, professeur à l'université hébraïque de
Jérusalem, et Leila Shahid, déléguée générale de la Palestine auprès de l'UE,
la Belgique et le Luxembourg.
Des comités nationaux d'appui
sont constitués, avec l'accord du comité organisateur international, dans tous
les pays où de telles initiatives sont proposées. Ces comités contribuent à la
recherche de financement et s'assurent d'une bonne mobilisation populaire et
médiatique autour du projet. Deux ou trois sessions du tribunal sont prévues
dans des capitales ou des métropoles à la forte charge symbolique. La première
session devrait se tenir à la fin du premier semestre 2010.
Pour rappel, en 1966, Lord
Bertrand Russel, éminent mathématicien, philosophe, écrivain, prix Nobel et
homme politique, prit l'initiative de la création d'un tribunal d'opinion
chargé de statuer sur les crimes de guerre des Etats-Unis au Vietnam. Ce
tribunal présidé par Jean-Paul Sartre, constitué de personnalités éminentes,
rendit une sentence sans équivoque en répondant aux 11 questions relatives à la
responsabilité des Américains et de leurs alliés dans la région.
Bien entendu la sentence était
purement symbolique. Elle eut toutefois un écho considérable et contribua à la
mobilisation de l'opinion internationale. La mission de ce tribunal était de
prononcer un jugement moral dans le cas où les lois en vigueur ne consentent
pas de procès et de jugements normatifs.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel Belaïfa
Source : www.lequotidien-oran.com