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DÉCLARATIONS DE MESSAHEL CONTRE LE MAROC



DÉCLARATIONS DE MESSAHEL CONTRE LE MAROC
Les milieux bien informés d'Alger ne se sont en rien étonnés de l'escalade enregistrée entre le Maroc et l'Algérie. La déclaration du ministre algérien des Affaires étrangères a été, au contraire, perçue comme étant le fruit naturel d'un long processus de «pourrissement» entre les deux pays.On ne se pose pas de questions non plus. Le pourquoi d'une déclaration au vitriol à ce moment, les raisons du choix du lieu sont laissés à l'appréciation générale. Une certitude : «Les pendules ont été remises à l'heure, conséquence d'une longue série de provocations injustifiées, de manœuvres et de coups bas intolérables», commentent des sources bien au fait du dossier algéro-marocain.
A l'origine de la nouvelle tension entre les deux pays, les déclarations, certes bien surprenantes, de Abdelkader Messahel qui assistait au même titre que d'autres membres du gouvernement à l'université d'été organisée par le FCE.
Le ministre algérien des Affaires étrangères se livre alors à des propos auxquels personne ne s'attend. «Le Maroc ce n'est rien du tout, dit-il, l'investissement des banques marocaines est le fruit du blanchiment d'argent du haschich. La Royale Air Maroc transporte autre chose que des passagers, tout le monde le sait (”?)». La déclaration fait l'effet d'une bombe.
L'Algérie, jusque-là habituée à garder son sang-froid même dans les moments de tension les plus extrêmes, a fini par exploser. A la recherche d'un nouveau souffle pour réactiver son économie, le gouvernement Ouyahia, présent en force à l'évènement, semble avoir été réellement excédé par les «exemples» de réussite chez le voisin marocain. Les hommes d'affaires «ne se suffisent pas de ce qu'on leur donne, les prêts, les budgets qui leur sont alloués ne leur suffisent pas, ils en veulent plus, réclament des actes parfois irréalisables dans l'immédiat car le facteur politique pèse lourd dans certains dossiers. Allez essayer d'avancer avec le travail que mène la France pour sauver le Maroc de la crise dans laquelle il se débat”?», lâchent des interlocuteurs qui avouent attendre depuis un long moment que des clarifications soient apportées. Messahel a-t-il cédé sous la pression des hommes d'affaires ' Son porte-parole soutient cette thèse et affirme que le ministre a réagi de la sorte pour parer «au manque d'informations de certains opérateurs qui pensent que le Maroc a réalisé des réussites économiques au niveau continental (”?) ces convictions ont provoqué le ministre qui a réagit ainsi».
Des informations émanant de sources bien informées affirment que ces propos sont «l'entière vérité et que de telles comparaisons n'avaient pas lieu d'être faites sachant que d'énormes efforts sont consentis aussi bien par le département Messahel pour favoriser la transition économique et attirer un maximum d'investisseurs européens et africains».
Des diplomates arabes intéressés par l'évolution de la situation en Algérie s'interrogent, par contre, sur l'origine et la finalité d'une telle déclaration. «A-t-il agi seul ou était-il soutenu dans cette démarche '» «Il est très possible qu'Alger ait attendu le moment pour réagir à toutes les accusations dont elle fait l'objet depuis un long moment déjà . Jusque-là , le pays s'est gardé de répondre à toutes les provocations, aux agressions physiques contre des diplomates représentant l'Algérie dans des rencontres internationales (”?) Je pense que le vase a débordé tout simplement et la réponse est venue au moment où les Marocains s'y attendaient le moins. En fait, ils ne s'y attendaient pas du tout, ils se sont même arrogé le droit à l'invective car l'Algérie a jusque-là préféré jouer la carte de l'apaisement.»
Au ministère des Affaires étrangères, la colère semblait en tous les cas passée hier. Le rappel de l'ambassadeur du Maroc, la convocation du chargé d'affaires algérien à Rabat par les autorités marocaines et les insultes de la presse proche du palais royal ne provoquent aucune réaction. Une routine”?
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