
Qu'elles soient produites par des institutions officielles ou par des coopératives et troupes indépendantes, le nombre de pièces de théâtre montées ces dernières années a atteint un chiffre relativement satisfaisant. Avec la tenue des grandes manifestations qui se succèdent et accordent des subventions aux producteurs, le nombre de spectacles a presque doublé. Mais, hélas, la qualité n'a pas toujours été au rendez-vous.Théâtres ou coopératives théâtrales se sont montrés plus que productifs boostant ainsi la dynamique artistique à Alger et dans d'autres régions. Mais le problème auquel font face ces producteurs reste toujours le même, qui est l'absence de diffusion et de suivi de ces ?uvres qui consomment à la fois argent et énergie.Certes, l'Algérie possède un grand nombre de festivals dédiés au 4e art, ces rendez-vous compétitifs sont toutefois incapables de faire la promotion des spectacles. Et pour cause, ces festivals qui se tiennent une fois par an donnent, il est vrai, l'occasion de voir des pièces produites par des artistes de différents horizons mais les spectacles ne sont présentés qu'une fois sur la scène du festival et, dans le meilleur des cas, délocalisés vers des communes de la ville organisatrice du festival. D'ailleurs, de plus en plus de festivals, à l'image du Festival national du théâtre professionnel, pensent à faire jouer les comédiens dans différentes régions. Le Festival international de théâtre de Béjaïa a tenté la même expérience l'année dernière en programmant des spectacles à Alger et dans d'autres villes, mais une fois cet événement clôturé les spectacles sont jetés aux oubliettes.En dehors des festivals, les théâtres régionaux tentent à leur tour de promouvoir leurs productions à l'intérieur du pays et cela en multipliant les tournées à travers le pays, mais cela ne rallonge la durée de vie du spectacle que d'un mois ou deux car, là encore, une fois la tournée finie, on range le décor et chacun rentre chez soi en attendant une nouvelle production. Pire, certains spectacles se déroulent incognito, sans aucune médiatisation. En effet, certains établissements ne produisent que pour justifier les budgets accordés par le ministère, quitte à bâcler les spectacles comme cela a été le cas durant le 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie où plus d'une quarantaine de spectacles ont été montés, des ratages pour la plupart.En Algérie où le 4e art a déjà connu son âge d'or, il est devenu très difficile aux producteurs et créateurs de faire valoir leurs ?uvres en dehors des manifestations officielles et cela à cause de l'absence d'un plan médiatique qui touche le large public. Paradoxalement, face à l'inflation du nombre de spectacles, le public boude toujours les théâtres, du coup on se retrouve dans une sorte de cercle vicieux où il y a toujours un élément défaillant. Au lieu de se concentrer sur la qualité de l'?uvre et faire le maximum pour remplir une salle, on multiplie les spectacles et on part à l'aventure dans des régions éloignées où les pièces sont présentées devant une poignée de gens. Ainsi, personne ne pourra blâmer les producteurs, ni juger la qualité du spectacle mais pointer le doigt vers le public qui boude. Ce qui fera sans doute un jour la différence c'est de mettre à l'affiche des pièces qui seront présentées sur une longue durée, après une bonne médiatisation, et voir la fréquentation. Le résultat risque d'être surprenant. Seule la qualité fait vendre. Aussi, il faut en finir définitivement avec la médiocrité et demander des comptes à ceux à qui on accorde de l'argent. Il faudra aussi penser à soutenir les productions dites indépendantes qui recèlent parfois de véritables chefs-d'?uvre. En somme, il faut que chacun assume sa part de responsabilité pour revaloriser le théâtre et lui permettre de rétablir le lien qu'il entretenait jadis avec le public.W. S. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wafia Sifouane Mouffok
Source : www.latribune-online.com