Sarkozy veut «maintenir l’élan né à Alger»
Tout porte à croire que les relations entre Alger et Paris sont au beau fixe, compte tenu de la tonalité euphorique du message que Nicolas Sarkozy a adressé au président Bouteflika, après la visite qu’il a effectuée dans notre pays, il y a une quinzaine de jours.
Après avoir exprimé au président de la République ses «plus vifs remerciements» pour «l’accueil exceptionnel» et la chaleur populaire -en particulier à Constantine- dont il a été l’objet, le président français soulignera «la force du partenariat d’exception» souhaité par les deux pays. Fidèle à son image de pragmatique pour qui compte plus l’acte que le verbe, le successeur de Jacques Chirac considère que lui et Bouteflika ont bâti l’avenir pour le bien des deux pays et leurs concitoyens. «Il y a encore beaucoup à faire, de part et d’autre, sur les questions qui continuent à nous séparer», écrit Sarkozy. Et sans les citer, ces questions restent celles de la mémoire de la colonisation, les archives de la révolution, la circulation des biens et des personnes, sans compter bien sûr le problème du Sahara occidental au sujet duquel la France affiche franchement son soutien au plan d’autonomie marocain mais non pas au principe d’autodétermination préconisé par l’Algérie. Sarkozy veut sortir du mélodrame du passé pour adosser les relations bilatérales sur deux éléments structurants: «la Convention de partenariat, document unique en son genre, et qui s’accompagne de projets concrets, le partenariat énergétique, avec ses deux volets nucléaire et gazier’’.
Les contrats qui ont été signés au cours de cette visite, qui sont d’un montant de 5 milliards de dollars, sont, selon lui, la marque de cette nouvelle dynamique fondée sur la confiance.
«D’importants contrats ont aussi été signés ou annoncés au cours de ma visite et vont permettre à nos entreprises de participer à votre vaste programme d’infrastructures, mais aussi de répondre à vos attentes en matière de transferts de technologie et de formation. Il ne s’agit donc pas de simples contrats commerciaux. D’importants projets d’investissements ont d’ailleurs également été annoncés’’, a affirmé Sarkozy.
Etape importante et décisive dans le processus de remise à plat des rapports entre Alger et Paris, la visite du 3 au 5 décembre n’a pas pour autant épuisé tous les dossiers, loin s’en faut. «Ma visite n’a pas épuisé le potentiel de nos relations. Il faut nous remettre sur le métier des projets déjà bien avancés que nous pouvons finaliser dans les prochaines semaines, comme l’accord de coopération militaire et le protocole sur les investissements», a-t-il souligné en ajoutant: «Sur les questions de circulation des personnes et les conditions de séjour des Algériens en France et des Français en Algérie, j’ai demandé que l’on vous fasse parvenir dès que possible des propositions.’. C’est pourquoi Nicolas Sarkozy propose un échange de visites entre les membres des deux gouvernements, algérien et français. Le Premier ministre François Fillon pourrait ainsi venir en Algérie en 2008 ainsi que Jean-Louis Borloo, Michel Barnier, Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie. «Vos ministres seront aussi, naturellement, toujours les bienvenus en France, en particulier, le ministre des Finances, Karim Djoudi, qui est attendu prochainement par Christine Lagarde», écrit Sarkozy. Mais au-delà des questions bilatérales, le président français compte aussi sur le soutien du président Bouteflika pour la mise en route de son projet d’Union méditerranéenne. «Je sais également pouvoir compter sur votre soutien pour mettre sur les rails l’Union de la Méditerranée. Nos deux pays pourraient être les moteurs de projets phares, en particulier dans le domaine de l’environnement. De la même façon, je connais votre sensibilité aux dossiers humanitaires’’, a ajouté le président français qui achève son message en se disant «heureux de recevoir le président Bouteflika en visite d’Etat en 2008». Ce message, qui se veut résolument tourné vers l’avenir, laisse comprendre que la polémique suscitée par les propos du ministre des Moudjahidin n’aura été qu’une péripétie anecdotique dans le continuum des relations tumultueuses entre l’Algérie et la France.
H. Senouci
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com