Le CCDR dénonce la réconciliation nationale
Le CCDR (Comité des citoyens pour la défense de la République), dont on connaît les positions tranchées par rapport au Pouvoir en place, a saisi l’occasion des deux attentats qui ont ensanglanté, mardi, Alger, pour asséner une nouvelle salve de critiques «au régime et ses relais».
D’emblée, le CCDR considère que l’attentat du 11 décembre est «l’un des plus meurtriers commis par le terrorisme islamiste». Le CCDR, dans son communiqué, commence par dénoncer les plaidoyers en faveur de la réconciliation, au moment où les citoyens n’avaient ni la tête ni le cœur à la politique». «Avec le Premier ministre en tête, des responsables d’institutions, de formations politiques et d’ersatz (d’organisations de masse) des temps révolus, poussent l’indécence jusqu’à faire l’apologie de la concorde civile et de la réconciliation», souligne-t-il. Tout en rappelant qu’un des kamikazes a bénéficié des dispositions de la charte pour la réconciliation nationale, le CCDR considère que cette démarche est «suicidaire» et «ne fait que précipiter davantage le pays dans un nouveau cycle de violence, de sang et de souffrance». Dénonçant ce qui peut être assimilable à du laxisme, le communiqué du CCDR s’interroge: «Le Pouvoir, a-t-il seulement réagi quand des gardes communaux, des éléments des services de sécurité, des citoyens se font quotidiennement abattre?»
Re-interrogation: «Le pouvoir a-t-il réagi à la mort tragique de cinq courageux enfants noyés dans une mare?» Le CCDR, faisant ainsi feu de tout bois évoque aussi la situation sociale, à la lumière de la nouvelle envolée de certains produits de première consommation. «Impuissant, incapable d’assurer la sécurité des Algériens, malgré les milliards engrangés, de faire face à la flambée des prix qui frappe les couches sociales les plus défavorisées, incompétent et coupé du peuple, le pouvoir à échoué, et bien échoué». Mais le CCDR réserve les critiques les plus acerbes contre le chef de l’Etat, en l’épinglant sur son absence de la scène pendant les attentats. «Alors que des chefs d’Etat, et quels chefs d’Etat, ainsi que des organisations internationales ont condamné sans appel les derniers attentats, le Premier responsable du pays, comme à son habitude, se terre dans un inadmissible silence. Pas un mot! Pas un geste! Pas un signe!» constate le CCDR qui s’interroge encore à la lumière de cette absence sur l’état de santé du président de la République. «Est-il malade? N’est-il plus en mesure de gouverner (des indices significatifs le montrent)? Affiche-t-il encore une fois son mépris à l’égard du peuple dans des moments difficiles ou bien est-il abattu par le constat d’échec de sa politique de compromission avec le terrorisme islamiste qui continue de semer la mort et la désolation, mettant ainsi en danger les fondements de la République?» lit-on encore dans le document du CCDR. Après ce réquisitoire en règle, le CCDR en conclut que le président Bouteflika «doit partir». Tout en estimant que «le peuple n’est pas fatigué, mais révolté», le CCDR en appelle à la «nécessaire concertation entre les forces vives de résistance du pays... pour trouver une solution à l’impasse politique dans laquelle le pouvoir a conduit le pays».
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H. Senouci
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com