Sonatrach perce en Europe
L’événement qui a marqué la percée de Sonatrach sur l’important marché européen, où est livré l’essentiel de ses exportations gazières, est sans doute la levée obtenue de haute lutte d’une décision espagnole de limiter le volume de gaz naturel que le groupe algérien avait le droit de commercialiser directement en Espagne, dans le cadre du gazoduc Medgaz en cours de réalisation. Cette levée consolide ainsi le positionnement de Sonatrach sur un marché européen où subsistent encore de nombreuses rigidités. Cela étant, les deux projets titanesques, Medgaz, à destination de l’Espagne et Galsi en Italie, dont l’accord intergouvernemental a été signé cette année, permettront à coup sûr à la compagnie pétrolière nationale d’accéder au marché de distribution de l’UE via la Méditerranée. En outre, et en application de sa nouvelle stratégie d’expansion à l’international, Sonatrach a opté en 2007, pour la première fois, pour des contrats gaziers à court et moyen termes. Et ceci en prévision d’une possible désintégration des groupes gaziers européens. Selon des spécialistes du marché gazier, cet éventuel démantèlement des majors gaziers européens ferait perdre à ces derniers des marchés de distribution et, du coup, les pousserait à tenter de remettre en cause les accords à long terme qui les lieraient à leurs fournisseurs extérieurs habituels, en l’occurrence l’Algérie. Ce choix, estiment les experts gaziers, est doublement stratégique pour l’Algérie. Il va permettre, d’une part, à Sonatrach d’avoir une meilleure flexibilité dans ses renégociations des prix du gaz qu’elle fournit à l’Europe. Et d’autre part, de tirer le maximum du marché spot du gaz, une fois instauré dans le cadre de la libéralisation annoncée du marché international du gaz naturel. Et rien ne semble pouvoir freiner l’ambition du géant algérien de s’insérer dans la chaîne gazière européenne, pas même une proposition de la commission européenne formulée au début de l’année empêchant une entreprise unique d’être à la fois propriétaire d’un réseau de transport de gaz et mener des activités de production ou de distribution de l’énergie. Sonatrach a pu consolider en 2007 ses positions de détenteur de capacités sur le terminal de regazéification de Montoir (France), d’Isle of Green en Grande-Bretagne et de Rega Nossa en Espagne. De plus, Sonatrach, souligne son P-dg Mohamed Meziane, compte même investir le marché de la distribution de gaz aux Etats-Unis en négociant des capacités de regazéification de son GNL sur les terminaux américains. Ces engagements à l’étranger, dans la chaîne de regazéification, affirme le patron de Sonatrach, sont dictés par l’objectif du groupe algérien de devenir leader dans l’exportation du GNL appelé à croître avec la réalisation d’un projet à Skikda et, surtout, du complexe gazier Gassi Touil. Par ailleurs, dans l’exploration et la distribution, Sonatrach a décroché de bonnes affaires en Afrique, à savoir deux blocs d’exploration offshore en Egypte avec le groupe norvégien Statoîl, deux autres blocs en Libye, deux blocs au Mali et la signature de concession de quatre blocs en Mauritanie. Sans oublier que Sonatrach gère actuellement sa part dans les activités de transport de gaz au Pérou dans le projet Camisea qui va entrer en production en 2008. Enfin, il y a lieu de noter que Sonatrach a enregistré en 2007 des recettes d’hydrocarbures record avec un chiffre d’affaires frôlant les 60 milliards de dollars, fruit d’une envolée des cours pétroliers internationaux.
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Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com