«Il faut aller à
l'idéal mais penser le réel» (Jean Jaurès, 1859-1914, philosophe et rhéteur
français)
Ces dernières
années le terme de «dialogue des cultures et des civilisations» est galvaudé
par excès un peu partout sur la planète. En revanche, en cette ère d'évolution
et de développement technologique menée tambour battant par les puissants de ce
monde, l'on remarque que les peuples ont, hélas, encore du mal à communiquer
entre eux.
Pour cause, la
standardisation hégémonique et «spartiate» des cultures au nom d'une soi-disant
mondialisation économique et culturelle sous la houlette de l'hyperpuissance américaine tend plus à «macdonaliser»
qu'à rationaliser le partage du patrimoine éthique de l'humanité aussi bien
dans son versant matériel (richesses terrestres, ressources de la nature,
technologie moderne) qu'immatériel (le savoir numérique, les connaissances
scientifiques et le développement de l'humain). De plus, ce python de l'âge
moderne que l'on nomme hypocritement «mondialisation» a été la consécration
d'une étape charnière entre les atrocités de la seconde Guerre Mondiale
(1939-1945), son corollaire subséquent de Guerre Froide et la période
contemporaine qui a vu la chute du Mur de Berlin et le démembrement de l'U.R.S.S à la fin des années 80. Pire, la globalisation, cet
amer anglicisme et cet euphémisme édulcoré qui masquent la perversité de
l'impérialisme des pays du Nord sous des étiquettes frelatées de l'humanisme et
de droits de l'homme, est plus qu'un cataclysme humain vu qu'elle a marginalisé
et continue encore de nos jours de marginaliser les cultures nourricières,
dynamiques, capitales et vivantes des régions périphériques de la planète, les
pays de Sud s'entend. L'on est en quelque sorte en droit d'affirmer que la
domination militaire de l'Occident durant les siècles précédents (colonialisme,
traite négrière et esclavagisme) s'est transformé, au
moment présent, en une hégémonie culturelle plus génocidaire. Néanmoins, avec
ce réveil intempestif et inattendu des nations arabes en cette première
décennie du XXI siècle, on aurait tendance à minimiser, relativiser, voire
rejeter ce constat et affirmer que «l'anthropologie du pessimisme» à laquelle
se sont livrées les élites occidentales pour dépeindre le sort des peuples arabo-musulmans sonne son tocsin dans la mesure où les
derniers soulèvements populaires dénotent d'une certaine «conscience politique ahistorique» des enjeux de «l'humaine condition». D'où il
découle que la culture et la civilisation ne devraient désormais et en aucun
cas être provincialisées car celles-ci ne sont plus l'apanage d'une région géographique donnée ou
d'un peuple particulier au détriment des autres.
C'est pourquoi,
il s'avère que rebondir sur le thème de la culture en ces moments très cruciaux
de «l'espace vital» arabo-musulman n'est guère
fortuit car la fonction régulatrice que celle-ci est censée incarner dépasse de
par sa nature, son essence et ses fins le seul cadre de la politique. En ce
sens, «le complexe de culture» pour reprendre le terme du philosophe français
Gaston Bachelard (1884-1962) dans son ouvrage philosophique «l'Eau et les
Rêves» contient en son giron même, les graines de
civilisation, de langue, de société et de politique. Lesquelles font partie
intégrante de son magma conceptuel. D'autant que la culture revêt elle-même et
habille le système social de tous les mécanismes défensifs, progressifs et
immunitaires à même de la pérenniser. A preuve que les individus ne sauraient
aucunement se comprendre ni s'entendre ni encore moins s'unir à moins qu'il y
ait un moule linguistique collectif, très cohérent qui met en parallèle la base
et le sommet de la pyramide sociale de la nation/civilisation et de
l'État/culture. Ce qui constitue sans doute un système de défense efficace
contre les dissensions culturalistes suicidaires, les crispations sociales
endémiques et les vÅ“ux séparatistes anarchiques qui pourraient ressurgir d'un
moment à l'autre de son existence. Ce faisant, la société aura la chance
d'éviter l'invasion et la domination des savoirs aussi accessoires que
parcellaires de la culture populaire anarchique et anarchisante sur la sphère de
l'intelligence des élites, y contourner la suprématie du folklore, et balayer
par la suite les idiosyncrasies réactionnaires de la plèbe, il est certain que
cette souple dichotomie (élites/masses) est nécessaire, voire vitale pour la
survie de toute culture. De même les sociétés n'auraient-elles aucune capacité
d'évoluer et de progresser si sur le plan linguistique et culturel, une
anarchie dialectale s'empare de leur essence originelle, à ce titre la
purification progressive et assidue de la langue originelle des fioritures
dialectales sans toutefois mettre en danger la vie des parlers populaires est
plus qu'une panacée universelle contre l'amortissement précipité des cultures.
En découvrant à temps cette anomalie, les nations modernes, notamment la France, l'Espagne, la Belgique et les États
Unis pour n'en citer que quelques modèles, ont procédé depuis belle lurette à
une standardisation linguistique de leurs parlers régionaux via l'installation
des «Académies de Langue». Lesquelles ont insufflé une certaine vivacité à leur
unité linguistique sans pour autant nuire à leur diversité culturelle même si
dans certains de leurs aspects, ces expériences furent peu fructueuses, les
exemples catalan et basque en Espagne, breton et corse en France, wallon et
flamand en Belgique ainsi que les communautés hispaniques hétérogènes au sud
des États Unis en sont très probants. Par ailleurs et en rétrospective, au
sortir de l'Ancien Système, l'Empire français, «ce tyran des terres» suivant la
définition jeffersonienne, aurait sublimé l'universalisme, la culture fut
traversée par l'esprit jacobin et «chauviniste», ce qui a tué les visées
autonomistes de ses régions, les Girondins qui ont aspiré au lendemain de la Révolution de
1789 à plus de liberté linguistique et d'autonomie politique furent écrasés au
nom de principes de l'universalité de la République ainsi que de l'Empire
napoléonien en particulier et de la civilisation française de façon générale.
C'est pourquoi, l'on peut affirmer qu'à leur base, la culture et la civilisation
françaises nagent en vase clos et ne permettent plus l'expression des
individualités singulières et des spécificités régionales, sinon elles les
étouffent dans «une dynamique unitaire mortifère». Autant dire, elles sont
canalisatrices d'une universalisation forcée des valeurs humanistes au
détriment d'une provincialisation progressive de la culture humaine. Juste à
ses parages, «le tyran des mers», le royaume britannique, cet Empire insulaire
où le soleil ne se couche jamais, lui, aurait agi semble-t-il de façon tout à
fait différente, la culture et la civilisation ne sont plus vues ou conçues
comme le summum de l'humanisme et du savoir, ce qui a véhiculé une certaine
idée de «parallélisme horizontal» entre toutes les cultures sur la base du seul
critère du «différentialisme». Sous cette grille de
lecture, il est permis de dire que le divorce est consommé sur le plan idéel
chez les Anglais entre la culture (vecteur de progrès humain) et la
civilisation (critère de différenciation entre les cultures), et qui de
surcroît, évoluent l'une l'autre à géométrie variable. Si l'on dit que la
culture a un pouvoir immunitaire, c'est parce que généralement ses composantes
et référents matriciels (langue, éducation et compétences) agissent comme des
anticorps contre les bactéries exogènes qui se mettent toujours à offensive du
corps de la nation. Autant dire, la culture est une potion cathartique contre
les maladies potentielles qui gangrènent la santé des peuples (maladie du
langage, paralysie des discours, démagogie, mixage linguistique etc.). Il va
sans dire qu'une société sans culture est pareille dans ses dysfonctionnements
à un corps sans âme, c'est-à-dire à un corps dont la diastole et la systole
sont au régime sec. C'est inévitablement à ce stade de «paralysie organique»
que s'opèrent ce que le sociologue Edgar Morin appelle dans son ouvrage «vers
l'abîme» «les ruptures de sens», autrement dit, les crises dans la mesure où
l'effet de masses (folklore, rites et traditions déplacés de leur contexte
combinés avec violence verbale ) occulte, couvre et prend le dessus sur la
culture authentique et consubstantielle à l'esprit des nations (patrimoine
scriptural, débat politique transparent et forums de discussion).
Dans cette
perspective, affirmer qu'une nation est détentrice d'une civilisation
reviendrait à dire que celle-ci possède une culture au sens dynamique du terme.
Autrement dit, elle a une puissance transformatrice du background éthique de sa
société. La civilisation, s'il l'on veut la définir, est un conglomérat de
cultures imbriquées les unes aux autres, elle est en principe liée à des
critères aussi bien objectifs que subjectifs. Les premiers consistent plus
particulièrement à formaliser l'existence d'une nation, d'une culture, et d'une
organisation sociale spécifique à même d'encadrer un peuple sur un territoire
donné tandis que les seconds ont trait à la volonté de ce dernier, c'est-à-dire
le peuple, de s'y identifier et de s'en revendiquer. C'est pourquoi, l'on
pourrait dire que l'apparition d'une civilisation est tributaire en premier
lieu de l'existence d'une culture particulière, très solide de surcroît, qui
lui servirait de citadelle protectrice. Pour s'en convaincre, il n'en faut pas
plus que de jeter un coup d'œil furtif sur l'histoire de quelques peuples
anciens. L'exemple le plus proche de nous est le peuple berbère. Malgré le fait
que les habitants de l'Afrique du Nord furent les pionniers des rites agraires
qui ont devancé par leur exactitude, perfectionnisme et précision leur époque,
ils restent hélas prisonniers d'une culture orale assassine, déstabilisatrice
et peu fiable. Leur calendrier qui aurait commencé selon toute vraisemblance en
960 AV J.C fut synchronisé avec la valse des saisons, le solstice d'hiver fut
lié au mythe de la vieille qui s'est moquée du premier du mois «Yennayer», suite à quoi ce dernier aurait déchaîné sa
colère en de gros flots qui avaient emporté sur leur sillage et la vieille et
ses moqueries. Faute de l'écriture, ce ciment indissociable de la culture, la
version officielle de ce mythe est diversement racontée
par tous les habitants actuels de l'Afrique du Nord (Rif marocain, Kabylie,
Chleuhs, Touaregs etc.). En réalité, chaque période de l'année a son pendant
mythique ou anecdotique chez les Berbères, à titre d'exemple, l'on raconte
encore au jour d'aujourd'hui dans certains régions de l'Algérie et du Maroc que
dès la fin des mois du grand froid, il est permis de marcher tout nu, comme il
est très populaire d'éparpiller les graines de la grenade, ce fruit aux saveurs
appétissantes, sur terre au moment des labeurs afin d'espérer une bonne récolte
au terme de l'année, suivant cette version, la déesse de la pluie «Tislit Ounezar» devrait se
convoler en justes noces avec le climat, ce qui est à même d'augmenter la
fécondité de la terre et d'augurer la chute de grosses quantités de pluies. A
l'origine de tout ce folklore oral inépuisable, l'on trouverait une véritable
sagesse populaire qui est loin de s'arroger le mérite d'une culture authentique
capable, si besoin est, de jeter les bases d'une civilisation florissante. De
même, en Afrique australe, la danse est conçue dans l'esprit des populations
comme une rythmique équilibrée voire une cadence en harmonie avec la nature,
les forêts tropicales ainsi que l'étrangeté de leurs broussailles. Ainsi le
changement et la succession ininterrompue des saisons ont-ils confirmé ce lien
de causalité linéaire strictement temporel entre l'homme et sa biosphère.
Comble de malheur, à part de rares cas dans l'histoire comme la grande
université de Tombouctou au Mali, le recours à l'écriture afin d'immortaliser
un tant soit peu cette richesse culturelle plus que millénaire fut du domaine
secondaire et d'accessoire. Il en va autrement dans la Grèce ancienne,
l'histoire humaine est différente d'une aire géographique et d'une époque à une
autre. A ce titre, la guerre de Péloponnèse (431-404) a eu pour principale
cause la peur obsessionnelle des gouvernants guerriers de Sparte de voir les
Athéniens s'accroître en nombre et y asseoir de la sorte leur hégémonie
culturelle et spirituelle. Ce faisant, la culture martiale de Sparte aurait mis
à la remorque l'héritage philosophique de sa voisine athénienne et la guerre
qui aurait duré plus de 28 ans lui aurait, certes, permis de d'accaparer les
vestiges mais non plus le noyau et l'énigme de son apogée civilisationnelle.
L'évolution des mentalités à Athènes a été telle que «l'Agora» fut la tribune
idéale pour aussi bien la plèbe que les élites afin de discuter des affaires et
des problèmes de la Cité-État. La démocratie
directe, il est vrai, n'est plus une invention des temps modernes, des
philosophes tels que Sophocle, Socrate, Platon et Aristote furent associés à la
vie intellectuelle et politique de la Cité et l'ont préconisé même s'il y avait
quelques restrictions. Cela dit, Athènes fut une civilisation au sens propre du
terme dans la mesure où la force du savoir atemporel, organisé et conservé
aurait jeté aux orties les capacités militaires, outils de domination passagers
et sans importance à long terme dont disposent Sparte «Ô civilisations, nous
savons maintenant que vous êtes mortelles» s'est exclamé il y a déjà fort
longtemps le poète français Paul Valery (1871-1945).
Ce constat est
d'autant plus juste à tel point que l'on confirme qu'il est un postulat. Car, à
bien y réfléchir, ni l'Égypte pharaonique ni encore moins la Perse ancienne n'ont
vraiment réussi à résister au cyclone de l'histoire. Celle-ci tourne en boucle
dans une logique tout à fait cyclique selon la version du grand sociologue
maghrébin Ibn Khadoun (1332-1406). Ainsi, la
dissolution des supériorités des nations se fait à un rythme hallucinant et
prend à contre-pied les illusions de grandeur que construisent autour d'elles
les grandes civilisations des ères anciennes. L'homme, «ce maître et processus
de la nature» comme le définit le philosophe français Descartes (1596-1650),
devient à force des choses, un instrument facile aux mains de l'histoire.
Laquelle ne pardonne jamais ni ses errements déraisonnables et démentiels ni
moins encore ses penchants belliqueux et impérialistes tendant le plus souvent
à la suprématie et le prestige via l'accaparement des richesses des autres et
l'exploitation éhontée de l'énergie des peuples, la bêtise humaine a été la
cause de bien des désastres. Jean Jaurès (1859-1914), cet apôtre de la paix qui
n'a cessé de rappeler au refus de la guerre comme moyen de solution de
problèmes planétaires et Martin Luther King (1929-1968), cette icône immortelle
de la non-violence en auraient fait les frais. L'homme au lieu de se libérer
des ses vieux démons de dominateur aurait par contre préféré sa coquille de
subordination à la violence comme moteur de la vie et de la civilisation. En
temps modernes, le dialogue des civilisations, enterré sous le boisseau des
références tacites aux guerres religieuses (les croisades, la guerre de Cent
ans, la guerre de 30 ans, Al-Foutouhat ) et radié des
préoccupations des puissances mondiales depuis le congrès de Vienne en 1815 et
les accords de Bretton Woods
en 1944 n'a, comble d'ironie, été qu'un sordide pense-bête ou à tout le moins
réduit au début du XXI siècle à une simple querelle de clochers, à un retour de
pensées négatives dans les formules discursives des leaders du monde et à la
nature carnassière des relations interétatiques.
Il est tout à
fait clair en dernier ressort que cette vision historique n'est plus un
jugement de fait définitif que l'on porte sur le processus évolutif de toute
l'humanité car à titre d'exemple la civilisation arabo-musulmane
qui fut à son extrême apogée en Andalousie a, par-delà les réalisations
architecturales dont elle fut le foyer et le théâtre (le palais d'Al-Hambra, Dar Al-Hikma, Basra etc), également
été la source et la terre de grands savants qui y ont élu domicile (Averroès,
Abbas Ibn Firnas, Al-Farabi,
Al-Kindi, Ziryabe, Al-Ghazali,
Avicennes...etc), les
domaines de la science, de la médecine, des mathématiques et de sociologie y
étaient étudiés et traités avec une grande minutie. De plus, l'humanisme
occidental dont on nous gave les esprits et nous rabat à chaque fois les
oreilles à l'heure actuelle est purement oriental, à preuve que Saladin
(1138-1193) fut, de par ses prouesses humanistes qui ont même séduit ses
ennemis chrétiens (libération et bon traitement des prisonniers de guerre et
leur alphabétisation, tolérance envers les femmes et les enfants etc.), et cela
des siècles avant que le suisse Henri Dunant (1828-1910), le concepteur de la Croix Rouge, ait pensé
d'y remédier au terme des atrocités commises durant la bataille de Solferino en
1859 entre la France
et l'Autriche. Durant plus de sept siècles, la civilisation arabo-musulmane
a rayonné par son éclat sur le monde entier. Le génie des musulmans a été mis à
contribution par les savants qui l'ont fructifié, la culture, ce pilier de
toute œuvre civilisationnelle a eu la palme d'or chez
les souverains mêmes (Al-Mamoun et la secte
philosophique des Moutazilites), la cour royale fut de ce fait investie par des
pléiades de poètes, de savants, de docteurs et de théologiens quoique
thuriféraires par circonstance. Chemin faisant, les peuples ont adhéré à cette
grande idée immanente de la Oumma où on y cultive tout volontiers «Al-walaâ» (allégeance). Tout au plus, Al-Shura
(la consultation) et Al-Naqd (la critique) furent
logées à la même enseigne dans l'esprit de la communauté des croyants. En un
mot, l'on pourrait dire que le concept de «la Nation-Génie»,
vectrice de toute civilisation authentique,
originelle et originale en terre d'Islam a, de loin, précédé «la Nation-Contrat»
qu'ont préludée les philosophes des Lumières en Occident (Locke, Hobbes et
Rousseau). Celui-là, au sortir du Moyen Age, se trouve trop atrophié par plus
de dix siècles de ténèbres. Néanmoins, c'est immanquablement à cette époque-là
aussi que l'Occident aurait commencé à «sortir de sa condition de minorité»
pour reprendre les termes très lucides du philosophe allemand Kant (1724-1804)
et sa civilisation jusque-là embryonnaire et balbutiante s'est efforcée,
nonobstant toutes les embûches qui le paralysent, à naître au forceps par une
nouvelle soudure entre un processus conjoint de laïcisation et de
modernisation. Sans doute, la Renaissance et les Lumières sont des périodes
critiques et organiques dans l'histoire de l'Occident et parallèlement et par
extrapolation rationnelle de tout le patrimoine humain. Cela dit, la culture et
la civilisation ont beaucoup plus d'intérêt à se réconcilier qu'à consommer un
divorce qui les mènent vers l'avortement et les hallucinations du «choc des
civilisations» dont parle Samuel Hentington.
*universitaire
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kamal Guerroua*
Source : www.lequotidien-oran.com