Film - C'est demain que s'ouvrira le Festival international de Clermont-Ferrand, un festival consacré au court-métrage qui se poursuivra jusqu'au 4 février.
Le film 'Demain, Alger '', écrit et réalisé par Amine Sidi Boumediene en 2011, a été sélectionné pour cette 34e édition. 'Demain, Alger' est un film saisissant. C'est l'histoire de trois jeunes Algérois qui, dans une ambiance à la fois morose et émouvante, semblent préoccupés. Ils le sont. Parce que d'une part, leur ami va les quitter, quitter le pays pour aller en France et d'autre part, parce que quelque chose se prépare. Tous trois discutent à propos du lendemain.
En effet, alors que Fouad fait ses valises en silence puis ses adieux à ses parents, les trois amis discutent du projet : aller à Alger. Mais ils n'arrivent pas à se mettre d'accord : parce que l'un est décidé à aller jusqu'au bout, le second y a renoncé et le troisième est indécis. Chacun donne son point de vue, avance ses arguments, justifie sa position.
La conversation tourne alors à la dispute.
L'histoire se déroule le 4 octobre 1988. L'on est donc à la veille du 5 octobre. Les émeutes qui ont secoué l'Algérie et changé à jamais son paysage social, culturel économique et politique. A la question de savoir comment est venue l'idée de ce film à Amine Sidi Boumediene, il répondra : «Je voulais traiter un événement historique à travers une génération qui a participé et vécu un épisode de l'Histoire en Algérie», et d'ajouter : «Mon frère aîné m'a inspiré le propos et mon personnage principal à partir d'une amitié et d'un drame humain particulièrement intime, qui rejoint un drame national plus important.»
Le film, minutieusement réfléchi (les prises de vue sont réglées, étudiées'), est rendu aussi bien saillant que saisissant non seulement grâce au jeu des acteurs qui est, soulignons-le, naturel et crédible, mais aussi grâce à la narration équilibrée et substantielle. L'ambiance y est aussi pour quelque chose.
Cette ambiance est rendue perceptible, donc très émotionnelle grâce à la musique dont le choix est pertinent.
«Je pensais à une chanson de Jimmy Hendrix dans 'Demain, Alger '' avant de trouver, finalement, celle de Steven Wilson, qui détonne par son rock progressif», explique-t-il, et de poursuivre : «C'est là que l'on doit avouer que le cinéma est un art complet. L'ambiance, la narration, les personnages et, par conséquent, la musique. Je rêve de signer la musique de mes films comme le faisait, John Carpenter, mais, même si je joue du piano, je ne suis pas un bon musicien.» Force est de constater dans ce court-métrage une rigueur et une exigence au plan technique, conceptuel et thématique, le tout se révèle méticuleux, fouillé, soigneusement étudié. Cela a donné une esthétique prenante, convaincante. Le travail est mené avec beaucoup d'attention et de régularité. Il y a aussi l'effet de l'intuition. C'est un film fait avec beaucoup de sérieux. Amine Sidi Boumediene a alors fait preuve de beaucoup de professionnalisme. 'Demain, Alger '', qui a été choisi parmi 16 courts métrages algériens inscrits à la sélection du festival, a été produit par Thala production. Il a participé à plusieurs festivals de cinéma dont le 9e festival du court-métrage méditerranéen de Tanger (Maroc) qui s'est tenu du 3 au 8 octobre dernier. Ce film a décroché le prix du meilleur producteur de cinéma arabe au dernier festival du film arabe d'Abu Dhabi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Idjer
Source : www.infosoir.com