Conviée à la tripartite de jeudi dernier, l'initiative Nabni a eu à s'inscrire en porte-à -faux de la conception que l'on se fait, exécutif, patronat et partenaire social en plaidant résolument pour une révolution, préconisant tout simplement un changement de cap en matière d'approche économique à l'effet d'impulser un projet économique national.M. Kebci - Alger (Le Soir)
Une approche à adopter en quelques mois seulement avec la garantie de répercussions significatives et durables sur l'efficacité de l'action publique dans le domaine économique ainsi que sur la capacité de l'Etat à tenir le nouveau cap de la diversification. Mais faudrait-il, au préalable, faire son mea-culpa en reconnaissant ses échecs du fait que «la gouvernance nous a fait défaut». Avec, notamment, l'absence d'un mécanisme contraignant d'usage de la rente dont il faut couper «progressivement le cordon» et qui empêche l'Etat d'adopter des politiques économiques qui vont à l'encontre de l'objectif de diversification».
Et d'estimer ce changement radical dans l'approche économique d'extrême urgence si l'on veut réellement s'engager dans la voie du sevrage aux hydrocarbures.
Et l'initiative ne manque pas d'arguments, elle qui, se fiant aux plus optimistes des hypothèses, estime qu'à l'horizon 2020, «les finances publiques pourraient ne plus soutenir le rythme des investissements publics et celui des transferts sociaux, face à une demande de plus en plus pressante de la société».
D'où la nécessité, l'impératif d'un tout nouveau modèle de croissance à «inventer» et qui ne dépend plus des hydrocarbures». et le plus urgent possible car ce qui est possible aujourd'hui ne le sera pas forcément demain.
Et reconnaître ses échecs, c'est de cesser en tout premier lieu de se contenter de «mesures ponctuelles» et de «réformes marginales», prédisant «l'inefficacité d'une nouvelle batterie de mesures au vu de l'impossibilité que cette dernière ait plus d'impact que tout ce qui a été tenté au cours de la dernière décennie '». Aussi, Nabni, comme pour donner corps à sa recommandation de véritable thérapie de choc en matière d'approche économique, propose ni plus ni moins que de l'inscrire dans la toute nouvelle Constitution en gestation avec, préconise-t-elle, d'inscrire, une «règle d'or budgétaire qui limite progressivement la part du budget de l'Etat provenant de la fiscalité des hydrocarbures, jusqu'à la ramener à zéro en 20 ans». Et pas que cela puisque l'initiative propose aussi la constitionnalisation du plafonnement de l'endettement public à même d'empêcher tout endettement excessif de l'Etat «pour continuer à financer un niveau de dépenses non soutenable». Elle préconise également l'inscription dans la loi sur la monnaie et le crédit, des contraintes strictes plafonnant le financement de l'Etat et des institutions étatiques et paraétatiques par les banques publiques et la Banque d'Algérie avec la création d'un fonds local pour les générations futures où sera allouée dès 2015, une partie des excédents des recettes aujourd'hui allouées en totalité au Fonds de régulation des recettes. Aussi, Nabni ne réclame-t-elle pas l'instauration d'une transparence totale comme socle de l'efficacité de l'action étatique, notamment dans l'affectation des aides et subventions publiques aux institutions et aux entreprises publiques et privées, investisseurs et acteurs économiques. Une transparence également recommandée sur la commande publique en sus de la contractualisation à des organismes indépendants, privés ou relevant de la société civile ou de centres de recherches, de projets d'évaluation d'impact et d'efficacité de toutes les nouvelles interventions dans le domaine économique et ce, dans l'attente, bien entendu, de la tant attendue autorité indépendante d'évaluation des politiques publiques à laquelle Nabni ne cesse d'appeler.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com