Les Algériens et la politique : Comment dépasser la rupture ?
Dans son allocution d’ouverture à l’occasion du séminaire sur le parlement, société civile et démocratie, le Chef du gouvernement a invité les parlementaires des deux chambres à se pencher réellement sur le rôle incontournable de la société civile comme acteur principal dans l’arène politique. M. Belkhadem a lancé la réflexion en présence des membres du gouvernement, du SG de l’UGTA et de la porte-parole du PT, Mme Louisa Hanoune. Deux jours durant, les séminaristes -constitués d’enseignants universitaires algériens et italiens, de parlementaires, d’experts- auront à débattre de la problématique de la relation entre le parlement, la démocratie et le rôle croissant de la société civile.
Faisant le constat de l’affaiblissement et de la dégradation de la relation entre l’électeur et l’élu, Abdelaziz Belkhadem estime que le parlement, en tant qu’incarnation matérielle et concrète du système démocratique, est traversé, ces dernières années en Algérie et de par le monde, par une crise profonde dont les symptômes se sont manifestés par une abstention massive lors des opérations électorales. Lequel taux de participation a rarement dépassé le seuil des 40%. Selon lui, ce désintéressement populaire vis-à-vis des affaires publiques constitue un phénomène alarmant qui mérite une profonde réflexion. Pour le chef de l’Exécutif, le mal se situe notamment dans la prédominance de la technocratie dans l’élaboration des textes législatifs, diminuant ainsi le rôle du parlement dans la confection de ces textes, rôle qui ne se résume pas, selon lui, à les proposer, mais à débattre sur leur contenu. Et c’est là que le bât blesse, lorsqu’on sait que l’institution législative a été, de tous temps, qualifiée de chambre d’enregistrement. Le phénomène de désintéressement populaire aux élections est dû, également d’après Belkhadem, à l’augmentation des législations extérieures suite à la mondialisation, nécessitant, à chaque fois, une adaptation aux exigences de l’heure, réduisant, de fait, le rôle des parlements dans l’exercice de leurs fonctions législatives. Mais la plus contraignante des causes se situe, en particulier, dans l’affaiblissement et la dégradation de la relation électeurs-élus. Cette situation prive le citoyen de choisir véritablement ses représentants. Selon lui, l’absence de canaux de communication et de dialogue ou de débat général a conduit irrémédiablement à l’anéantissement de tout lien de confiance entre les deux parties notamment après chaque échéance électorale. Les dernières législatives ont été la parfaite illustration de cette rupture qui a montré toutes les failles du système représentatif.
C’est pour toutes ces raisons que le Chef du gouvernement a appelé les politiques à revoir leur copie à l’égard de la société civile et les ONG qui jouissent, relève-t-il, d’une grande capacité à encadrer différentes tranches et composantes de la société que les cadres traditionnels tels les partis politiques qui n’arrivent pas toujours à capter l’attention des électeurs potentiels. En ce sens, Belkhadem propose une panoplie de méthodes pour l’implication de la société civile à la vie politique, économique et sociale, que véhiculent de nouveaux concepts à l’image de la démocratie participative, démocratie de voisinage et celle alternative.
Il est même revenu sur le rôle qu’a joué la société civile dans les présidentielles passées de par la mobilisation massive qu’elle a suscitée. Belkhadem tente-t-il, par cet exemple, de relancer les appels pour inciter le président à prétendre à un 3ème mandat en 2009 ? Les observateurs présents à cette rencontre ne manqueront pas de faire cette lecture car en faisant allusion au rôle de la société civile aux dernières présidentielles, ils ne manqueront pas de penser que c’est déjà l’enclenchement de la machine électorale. Mais on n’en est pas encore là !
Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com