
Inflation galopante, pénuries de nourriture et de médicaments, situation sociale et politique explosive? L'actualité, dont nous accablent les médias sur ce qui se passe à Caracas et dans le reste du Venezuela, ne manque pas d'attiser nos propres angoisses quant au sort qui guette l'économie nationale. Pays presque exclusivement pétrolier, tout comme l'Algérie, le Venezuela, qui dispose de la plus importante réserve pétrolière de la planète, a vu ses revenus s'effondrer de trois quarts en l'espace d'à peine deux années, sous l'effet de la chute des prix du pétrole.A considérer à hauteur d'homme et au-delà des chiffres et des analyses rébarbatives que nous livrent les économistes, le mal qui ronge actuellement le Venezuela donne tout simplement froid dans le dos. Des étalages vides, de l'électricité et de l'énergie au compte-gouttes, des officines et des hôpitaux en rupture de médicaments et tant d'autres graves privations par le simple fait d'une chute sévère et trop durable des prix pétroliers. Et probablement d'un pouvoir qui n'a ni su ni tenu à transformer les richesses épuisables de son sous-sol en croissance auto-entretenue et en compétitivité hors hydrocarbures.Pour avoir accumulé quelques confortables réserves en devises par la seule grâce d'un baril cher, l'Algérie n'est certes pas dans une situation aussi désespérante que celle qui prévaut actuellement au Venezuela. Mais le syndrome de Caracas est bel et bien là. Juste endormi par quelques puisages encore possibles dans les réserves officielles de change. Des réserves vouées cependant à vite s'épuiser, à moins d'une remontée spectaculaire et miraculeuse des prix du pétrole. Frôlant les 200 milliards de dollars avant la crise, elles ont déjà été rognées, faut-il le rappeler, de près d'un tiers en à peine un an et demi. Pour le tout proche avenir, l'équation est aussi complexe qu'évidente.Le solde de la balance commerciale ? différentiel entre ce que le pays vend et achète à l'étranger ? devient de plus en plus négatif, car le gros de ces ventes sont constituées de gaz et de pétrole désormais pas chers. De ce solde négatif découle le creusement effrayant du déficit global de la balance des paiements qui, elle, récapitule l'ensemble des échanges financiers du pays avec le reste du monde. Et à mesure que se creusent ces déficits, s'effondrent proportionnellement les réserves officielles de change, dont dépend, en définitive, la solvabilité extérieure du pays.Le calcul est ainsi élémentaire. A raison d'un quart en moins par an, l'espérance de vie du fameux matelas de devises, dont se targuent encore les dirigeants, ne dépasserait guère deux petites années. Le syndrome vénézuélien risque alors de devenir tout à fait patent et l'enclenchement d'un infernal processus de cessation de paiement ne manquerait pas d'entraîner des ajustements économiques douloureux et des programmes d'austérité sévères et imposés. C'est qu'à Alger, comme à Caracas, les changements économiques qui devront être opérés semblent nécessiter avant tout d'indispensables changements politiques.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Akli Rezouali
Source : www.elwatan.com